‹ Histoire de la RestaurationChapitre 224 sur 325 · NUIT DU 15 AU 16 JUIN : SITUATION DF.S ARMÉES · texte numérisé non relu

NUIT DU 15 AU 16 JUIN : SITUATION DF.S ARMÉES

Pendant la nuit du 15 au 16 juin, l’armée française bivaqua dans un carré dont chaque côté avait à peu près quatre lieues. Elle était divisée en trois colonnes. La gauche, commandée par le prince de la M oskowa, avait une avant-garde à Frasne , ses vedettes presque aux Quatre-Bras , sou quartier général à Gosselies, et ses réserves à Marchiennes-au-Pont. Le deuxième corps pouvait être ainsi tourné soit contre les Prussiens, soit contre les Anglais, car il avait en avant-garde, sur sa droite, la division du général Girard au village d’IIeppignies, à la hauteur de Fleurus. Le centre, formé du premier et du deuxième corps de cavalerie et du troisième corps d’infanterie, campait dans les bois entre Fleurus et Charleroi. La garde était en colonne sur la route de Charleroi à Gilly ; le sixième corps en arrière de Charleroi, sur la rive droite de la Sambre. La droite de l’armée était en avant du pont du Châtelet qui traverse la Sambre, un peu au-dessus de Charleroi. L’artillerie de réserve, les corps de cuirassiers Milhaud et Kellermanu 1 campaient dans les prairies en deçà de cette ville. -

Le gros de l’armée se trouvait donc massé, soit sur la Sambre, soit un peu au delà, soit un peu en deçà, autour de Char-

oldenir. On ne me verra pas dans les rangs étrangers ; ils n'auront de moi aucun renseignement capable de nuire à l'armée française , composée d'hommes que j’aime et auxquels je ne cesserai de prendre un vif intérêt; mais je lécherai d’aller défendre les proscrits français, de chasser loin de la patrie le système de* confiscations, sans perdre de vue la conservation de l’indépendance nationale. J'aurais donné ma démission et je serais allé chci moi si j'avais pu croire qu'on ni’en laissât le maître; cela ne m'a fias paru vraisemblable dans le moment actuel, et j'ai dît assurer par d'aulrcs voies ma liberté alin de ne pas perdre tout moyen do concourir au rétablissement d'un meilleur ordre de cbosescn France. J’éprouve un profond chagrin de l'Idée de la contrariété que vous causera mon départ ; pour vous éviter un désagrément j'exposerais cent fois ma vie; mais je ne peux renoncer à l'espoir d’être encore utile a mon pava; toujours, et quoi qu'il arrive, je conserverai pour voua l'attachement le plus sinrère et le pins respectueux.

« Le lieutenant ytntral comte de Bourmont. «

I . C'est par conséqncnt à tort que les Mémoires de Napoléon disent que, dès le 1 5 juin, ta cavalerie de Kellermann était â la disposition de Mev.

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LES CENT-JOIRS.

leroi où était le quartier général de l’Empereur, et plus près de Fleuras que des Quatre-Bras. Il n’y avait en réalité que l’avant-garde du maréchal Ney qui eût dépassé la chaussée romaine qui, courant à peu près parallèlement à la Sambre, coupe à angle aigu la chaussée de Charleroi à Bruxelles, à angle obtus la chaussée de Nivelles à Namur Pendant que l’armée française se trouvait ainsi disposée pour une nouvelle attaque qui devait être dirigée, au choix de l’Empereur, soit vers Fleuras et Ligny, soit vers la ferme des Quatre-Bras, le duc de Wellington et le maréchal Blücher, avertis par les engagements du 15 juin, se hâtaient de rallier leurs troupes sur les points convenus d’avance. Pour l’armée anglo-hollandaise, c’était la ferme des Quatre-Bras; pour l’armée prusso-saxonne, c'était Fleuras. Blücher, dont le quartier génénfl était à Namur, et par conséquent sur la Meuse à proximité de Charleroi, dont il n’était séparé que par une distance de huit lieues à peu près, fut le premier averti et par conséquent le mieux préparé à recevoir le combat. Présent de sa personne à Soinbref dès quatre heures de l’après-midi, dans la journée du 15 juin, Blücher employa la seconde moitié de cette journée et toute la nuit du 15 au 10 à réunir ses troupes, de manière à défendre la chaussée qui conduit de Namur à Nivelles et de Nivelles à Bruxelles : c’était désormais la ligne d’opération des deux armées anglaise et prussienne qui avaient perdu la Sambre. L’année prussienne défendait naturellement la partie de la chaussée qui s’étend de Namur à Sombref, l’armée anglaise la partie qui s’étend de Bruxelles aux Quatre-

t . Ou altlrmc dans la Cum/mÿue de 1 8 1 5, écrile par le général tînurgaud sous le* vaux de Napoléon à Sainte- Hélène, que Ney avait écrit le I S au soir à l’Etnperrur qu’il était maître des Qualre-ltras. L’inexactitude de cette assertion est démontrée par un seul fait : la présence de Ney à Charleroi le IG, de minuit à deux heures du malin. L'Empereur ne pouvait le croire aux Quatre-Bras, puisque Ney était là pour lui ôter lu» illusions qu’il pouvait avoir à cet égard.

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