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CONCENTRATION DES PRCSSIENS ET DES ANGLAIS

Bras ; toutes deux devaient concourir à la défense de la partie de la chaussée qui unit les Quatre-Bras à Sombref. C’était la ligne de communication des Prussiens et des Anglais.

Les Français pouvaient couper cette ligne en s’avançant par trois chemins, soit par la chaussée de Namur, soit en marchant sur celle de Bruxelles, soit enfin en suivant la chaussée romaine qui coupe ces deux lignes en formant avec elles un triangle dont le sommet est aux Quatre-Bras. Le maréchal Blücher massa ses troupes entre Sombref et Bry, et occupa, comme postes avancés sur le front de sa position, les villages de Ligny et de Saint-Amand. Le premier corps prussien étant en première ligne occupa Bry, Saint-Amand et Ligny. Le village de Sombref fut défendu par le troisième corps. Le deuxième resta en réserve sur le revers des mamelons. Blilcher espérait que Bulow arriverait à temps, et comptait prendre aussitôt l'offensive en débouchant par Saint-Amand. Il avait fait ses préparatifs avec une rapidité extraordinaire en mettant à profit le temps perdu par l’armée française devant Charleroi et devant Fleuras. Averti à dix heures du matin du mouvement de cette armée vers ses avant-postes, il avait fait tant de diligence que, dans la matinée du 16, il avait réuni 95,000 hommes sur le terrain qu’il avait choisi pour combattre l’armée française \

Bien plus éloigné que Blücher de la Sambre, le duc de Wellington n’apprit naturellement le mouvement des Français que plus tard. Ce fut dans la soirée du 15 juin 1 seulement, vers

I . On a assuré, dans quelque* document* du temps , que, dan* la soirée du 1 t juin, ver* orne heure», BlUcher avait reçu desavis précis sur un grand mouvement dans l'armée française.

î. Dans une de» dictées du Mémorial Je Sainte-Hilinc , on lit ce qui suit : x l.’armée française avait depuis vingt-quatre heures commencé les hostilités , son quartier général était depuis douie heures à Charleroi , que Wellington élail encore tout à Bruxelles. Ses cantonnement» en pleine sécurité occupaient plus de vingt lieues... Wellington, quoique surpris, donna pour point île ralliement & son armée les Qnalre-Bras, depuis vingt-quatre heures au pouvoir des

LES CENT-JOURS

huit heures vraisemblablement qu’il apprit l’attaque dirigée contre les postes prussiens à Lobes et à Thuin, situés sur la Sambre, au-dessous de Marchiennes-au-Pont, presque en face de Beaumont. Aussitôt il prit ses dispositions et donna, entre huit et neuf heures du soir, des ordres pour que tous les corps fussent prêts à marcher à la pointe du jour, en désignant les points où ils devaient se rassembler dans la nuit. Quelquesuns même, d’après les instructions données au quartier-

Français. » l.e simple réoit îles événements, puisé aux sources authentiques, sultlra pour démontrer l’inexactitude île ces assertions que plusieurs historiens , entre autres M. de Vaulabelle, ont acceptées les yeux fermés.

t . On raconte dans la plupart des histoires et des mémoires contemporains que le duc de Wellington n’apprit que fort avant dans la soirée, chez la duchesse de Uicheinont qui donnait un liai, l’attaque inopinée tentée par les Français sur la Salubre. Cette historiette dramatique ne saurait résister à l’élude attentive des documents anglais. Dans son rapport du 19 juin 181 S à lord Dalhurst , le duc de Wellington se contente de dire qu'il apprit le 15, dans la soirée, evening , que les Français avaient attaqué les deux postes prussiens de Lobes et de Thuin, et qu'il donna immédiatement aux troupes l'ordre de se préparer à marcher. Il ajoute que « bientôt après, lorsqu'il eut reçu des autres points l'avis que la marche de l’ennemi sur C.harleroi était une attaque sérieuse, il convertit ce premier ordre en ordre de se mettre sur-le-champ en mouvement. » D'autres documents plus précis permettent de fixer au moins approximativement l’heure de la soirée à laquelle la nouvelle arriva à Bruxelles. Nous les trouvons dans le volumineux recueil publié sous ce titre : The Dispatches of field-marshal lhe duke of Wellington , compitcd fromauthenticand ofjidul documents bj lieutenant-colonel Guruood, esquire of his Grâce. Vol. the tuelftli. Il existe dans ce recueil une lettre adressée par le duc de Wellington au duc de Berry, et datée de Bruxelles, à neuf heures et demie, P. M. (pose meridian) , dans laquelle on lit ce qui suit : » J'ai l’honneur de faire savoir à Votre Altesse Itoyale que l'ennemi attaqua les postes prussiens à Thuin ce matin et paraissait menacer Charleroi. J’ai ordonné à nos troupes de se préparer li marcher à la pointe du jour, et je prie Votre Altesse Royale de concentrer les siennes sur Alost. • Le même recueil publie sous ce titre : Mémorandum for the deputy quarter-mtister general, cet ordre de réunion et de concentration qui fut envoyé avant la lettre où il en est parlé, c'est-à-dire vraisemblablement entre huit et neuf heures du soir. Or, comme cet ordre est long et qu'il fallut le temps de le rédiger, on peut en conclure que le duc de Wellington reçut la nouvelle du mouvement de l'armée française vers huit heures du soir. On trouve dans le même recueil l'ordre de mouvement de l’armée (movement of oritiy). Il est ainsi désigné et daté : After orders, 10 o'elock, P. Jf. Ainsi, ce fut entre huit et neuf heures que le duc de Wellington donna l'ordre de rassembler les corps ; entre neuf et dix qu'il donna l'ordre de marche.

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