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Liberchies ; à six cents mitres seulement du même point, une auberge, aux bâtiments de laquelle aboutit le chemin de traverse qui conduit à la chaussée des Romains, et de lit à Saint- Arnaud et à Fleurus.
11 importe de rappeler ici d’une manière précise l'instant de l’arrivée de chacun des corps de l’armée anglo-belge qui occupait les (Juatre-Bras : dès la journée du 45 juin, le corps du duc de Weimar; le 16, à trois heures du matin, la première brigade de Perponcher, presqu’aussitôt suivie de la seconde, sous le commandement du général Bylandt, qui lui amenait aussi sa seconde batterie d’artillerie; à six heures du matin, le prince d’Orangc, venu en toute hâte de Bruxelles par Braine-le-Comte; vers onze heures, le duc de Wellington en personne. Il approuva les dispositions prises par le prince d’Orange, lui recommanda de tenir jusqu’à l’arrivée des divisions en marche et se rendit auprès de Blûeher. Pendant ces premières heures de la journée, le général Perponcher avait fait réoccuper le bois de Bossu, et le prince d’Orange avait fait rapprocher la première ligne du hameau de Frasne. De cinq à dix heures du matin, cinq nouveaux bataillons arrivèrent successivement en toute hâte avec une batterie. Le maréchal Ney, supérieur dans ce moment en nombre, n’avait cependant avec lui que la division d’infanterie du général Bachelu, de 4,600 hommes ; la division de cavalerie légère du général Pire, d’environ 1,200 hommes; l’artillerie de ces corps et le corps de la garde que l’Empereur lui avait donné, mais avec prescription de ne pas s’en servir. Le général Reille s’était mis en mouvement de (iosselies vers les Quatre-Bras avec ses deux divisions d’infanterie, mais il n’était pas arrivé. À plus forte raison le comte Drouet d’Erlon, éloigné de Frasne de près de trois lieues, puisqu’il avait couché à Marchiennes-au-Pont, manquait au maréchal Ney. Évidemment le maréchal, dont les mouvements étaient subordonnés à ceux de l’Empereur, attendait des ordres précis de lui pour
QUATRE— BRAS : PREMIERS ORDRES DE L’eMPERKI R A NE\. 475
agir; dans de pareilles circonstances et à une si courte distance du quartier général de Napoléon, il n’y avait d’initiative que pour lui.
Entre onze heures et raidi le maréchal Ney reçut les premiers ordres de Napoléon, ils étaient ainsi conçus :
« Mon cousin, je vous envoie mon aide de camp le général Flahaut, qui vous porte la présente lettre. Le major général a dû vous donner des ordres, mais vous recevrez les miens plus tôt parce que mes officiers vont plus vite que les siens. Vous recevrez l’ordre de mouvement du jour, mais je veux vous écrire en détail parce que c’est île la plus haute importance.
« Je porte le maréchal Grouchy avec le troisième et le quatrième coips d’infanterie sur Sombref.
« Je porte ma garde à Fleuri», et j’y serai de ma personne avant midi; j’y attaquerai l’ennemi si je le rencontre, et j’éclairerai la route jusqu’à Gembloux1 2; là, d’après ce qui se passera, je prendrai mon parti, peut-être à trois heures après midi, peut-être ce soir. Mon intention est que, immédiatement après que j’aurai pris mon parti, vous soyez prêt à marcher sur Bruxelles.
« Vous pourrez donc disposer vos troupes de la manière suivante : première division, à deux lieues en avant des quatre chemins, s’il n’y a pas d’inconvénient. Six divisions d’infanterie autour des quatre chemins et une division à Marbois, afin que je puisse l’attirer à moi à Sombref si j’en avais besoin.
« Le corps du comte de Yalmy, qui a trois mille cuirassiers d’élite, à l’intersection du chemin des Romains et de celui de Bruxelles, afin que je puisse l’attirer à moi si j’en avais besoin.
1. C'eut U dernière heure que donne Napoléon dans les dictées de Sainte- Hélène.
2 . Cembloux est à cinq lieues de Charleroi en passant par Sombrer, dont il est distant de deux lieues seulement.
LES CENT-JOURS
Aussitôt que mon parti sera pris, vous lui enverrez l'ordre de vous rejoindre.
« Je voudrais avoir avec moi la division de la garde que commande le général Lefèvre-Desnouettes, et je vous envoie les deux divisions du corps du comte de Valmy, de manière à le rappeler si j’en avais besoin et ne point faire faire de fausses marches au général Lefèvre-Desnouettes, puisqu’il est probable que je me déciderai à marcher ce soir sur Bruxelles avec la garde. Cependant couvrez la division Lefèvre par les deux divisions de cavalerie de d’Erlon et de Reille, alin de ménager la garde, et que s’il y avait quelque échauffourée avec les Anglais, il est préférable que ce soit sur la ligne que sur la garde.
« J’ai adopté comme principe général pendant cette campagne de diviser mon armée en deux ailes et une réserve. Votre aile sera composée des quatre divisions du premier corps, des quatre divisions du deuxième corps, de deux divisions de cavalerie légère et de deux divisions du corps de Valmy. Cela ne doit pas être loin de quarante-cinq à cinquante mille hommes. Le maréchal Grouchy aura à peu près la même force, il commandera l’aile droite. La garde formera ma réserve et je me porterai sur l’une ou l’autre aile , selon les circonstances.
« Le major général donne les ordres les plus précis pour qu’il n’y ait aucune difficulté sur l’obéissance à vos ordres lorsque vous serez détaché, les commandants de corps devant prendre mes ordres directement quand je me trouve présent; selon les circonstances, j’affaiblirai l’une ou l’autre aile en augmentant ma réserve.
« Vous sentez assez l’importance attachée à la prise de Bruxelles. Cela pourra d’ailleurs donner lieu à des accidents, car un mouvement aussi prompt et aussi brusque isolera l’armée anglaise de Mons, Ostende, etc.
« Je désire que vos dispositions soient bien faites, pour qu’au