I.F.S CF.NT-JOIIIS
Ou peut ajouter que dans une situation subohlonnée, il manqua de ces qualités d’audace et d’initiative dans le commandement qui auraient pu déterminer le succès : il n’osa point, malgré la difficulté de sa position à la fin de la journée, employer le corps de cavalerie de la garde que l’Empereur lui avait confié pour le montrer à l’ennemi , mais sans l’engager.
Deux faits sont remarquables dans cette journée par leur contraste : la lenteur des mouvements des troupes françaises dans leur marche pour rejoindre le maréchal Nev; la rapidité des mouvements des troupes anglaises qui, dirigées en toute liùte sur les Quntre-Bras, donnèrent à la fin de la journée une supériorité numérique tellement considérable au duc de Wellington , que le maréchal dut opérer sa retraite. La lenteur de la transmission des ordres de l’état-major français n’est pas moins extraordinaire. L’ordre pressant de l’Empereur au maréchal, qui détermine la charge des cuirassiers du général Yaîmy, part h trois heures et un quart du champ de bataille de Ligny, et n’arrive qu’à six heures et demie au maréchal ; il a mis plus de trois heures à franchir un espace qu’on peut estimer à trois lieues eu calculant les détours nécessaires pour éviter les postes avancés de l’ennemi. Enfin la décision, l’initiative, sont du cèté des chefs militaires ennemis; les chefs de l’armée française, sans avoir rien perdu de leur courage personnel, sont la plupart timides dans l’exercice du commandement; ils appréhendent de se compromettre ; ils* évitent l’initiative pour échapper à la responsabilité. On reconnaît là l’influence d’une situation générale supérieure au génie comme à la volonté de l'homme.
Cette influence, partout sensible, est plus marquée encore dans la conduite du général d’Erlon. Son corps d’armée pouvait fixer la victoire sous les drapeaux du maréchal Ncy, si, docile à ses ordres, il continuait sa route vers les Quatre-Bras et arrivait à temps sur le champ de bataille ; il pouvait rendre