‹ Histoire de la RestaurationChapitre 241 sur 325 · I. Dentiers Jour h de la tjrande année, t. Il, p. 8(ï · texte numérisé non relu

I. Dentiers Jour h de la tjrande année, t. Il, p. 8(ï

LES CENT— JOL'RS

le ravin, en criant : « Vive /’ Empereur t l'oint de quartier ! » De Ligny à Saint-Amand un mouvement en avant s’exécute sur toute la ligne. Le troisième et le quatrième corps débouchent des villages , tandis que la réserve amenée par l’Empereur se précipite sur le centre. Rien ne peut arrêter ce choc effroyable, qui brise tout sur sa route. Ligny, qui résistait depuis cinq heures, est emporté au pas de course en cinq minutes. Infanterie, cavalerie, artillerie traversent, comme une avalanche de fer et de feu, ce village désolé, en foulant un pavé de cadavres qui rebondissent mutilés sous les roues des canons. Au sortir du village et au bas du coteau, les têtes de colonne se reforment, et montent à l’assaut des hauteurs, que les Prussiens défendent avec énergie. Des charges de cavalerie sont dirigées par Blilcher en personne contre l’infanterie de la garde. L’uniforme bigarré de quelques-uns de ces régiments donne lieu à d’étranges méprises; les Prussiens les prennent pour des légions de gardes nationaux mobilisés, des officiers s’avancent en parlementaires, et les somment de déposer les armes et de ne pas tenter contre des troupes régulières une lutte inégale. Le régiment de grenadiers de la garde, auquel cette sommation était adressée, y répond par une effroyable décharge , qui met la moitié de cette cavalerie par terre et l’autre en fuite. Les colonnes d’attaque sont arrivées à mi-chemin du mamelon, lorsque la cavalerie française, qui a traversé Ligny au grand trot de ses chevaux, en foulant aux pieds les morts et les mourants, débouche à son tour et, se formant aussitôt en escadrons, se prépare à charger. Ces trois mille cavaliers d’élite poussent ensemble un formidable hourra, et, saluant de la voix et du sabre la garde en passant sur ses flancs, sont salués à leur tour par les acclamations de l’infanterie; puis ils se précipitent sur les masses ennemies. La terre tremble sous les pieds de ces trois mille chevaux. La cavalerie française attaque et désorganise tout ce qu’elle trouve

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