LIGM : LES PRUSSIENS COMMENCENT LA RETRAITE
sur son passage, infanterie, cavalerie, artillerie. Dans une de ces charges, l’intrépide Blücher, qui a voulu rétablir le combat sur le plateau du moulin de Rrv en conduisant lui-même une charge de cavalerie prussienne, tombe dans un pli de terrain avec son cheval, qui, mortellement blessé, s’abat sous lui; la cavalerie française passe et repasse auprès du généralissime prussien, qui se relève avec peine couvert de contusions, et n’échappe que par une espèce de miracle, à l’aide du secours d’un de ses aides de camp, à la mort ou à la captivité. Remonté sur le cheval d’un sous-officier du 6® de hulans, il est obligéde s’avouer que cette journée est contre lui, et donne en frémissant l’ordre de la retraite.
La nuit commence à venir. Les Français sont au moulin' de Bussy; ils sont maîtres du plateau jusqu'à Wagnelé. Les Prussiens se retirent; leur centre est en désordre et en partie désorganisé, mais leur aile droite et leur aile gauche ont gardé toute leur cohésion. La chaussée de Nivelles, Sombref, le Point-du-Jour, sont leurs points de ralliement; ils occupent Bry par une forte avant-garde. Ils abandonnent le champ de bataille, mais cette victoire, chèrement payée parle vainqueur, est pour eux un échec sans être une déroute. Ils ont 18,000 hommes hors de combat, et 10,000 fuyards environ ont quitté leur drapeau; ce sont 28,000 hommes à peu près qui manquent à l’appel. Les Français ont perdu 12,000 hommes. Mais à la manière dont les Prussiens ont combattu, à la manière dont ils combattent encore en se retirant, on voit qu’ils n’ont pas perdu ce sentiment de leur force, cette confiance en eux-mêmes, cette volonté de prendre leur revanche avec lesquelles il n’est point de défaite irréparable. Le nuit est tout à fait venue. L’Empereur fait arrêter la marche de notre cavalerie, quine poursuit plus qu’au hasard. L’armée française, dans