I.KS CENT-JOt RS
âmes. Tant de serments prêtés et repris disposent les troupes à croire à de nouvelles trahisons. L’Empereur a lui-même montré à Ligny une lenteur à laquelle il n’avait habitué jusque-là ni ses adversaires, ni ses amis. Attardé à Charleroi dans les premières heures de la matinée du 16 juin, il n’a examiné que vers une heure de l’après-midi par ses propres yeux la situation de l’armée prussienne. La bataille n’a commencé que vers trois heures de l’après-midi. Les ordres n’ont pas été donnés d’une manière assez précise pour que Drouet d’Erlon , appelé de deux côtés à la fois , sût à quel ordre il devait obéir. Napoléon détermine le dénoùment de la journée de Ligny par la manœuvre décisive qui porte sa garde sur le centre de l’armée prussienne ; mais cette manœuvre tardivement exécutée ne laisse pas au vainqueur le temps de profiter de la victoire , et ce retard favorise la retraite du vaincu en la plaçant sous la protection des ténèbres. En outre, le mouvement d’un corps de l’aile gauche de l’armée française, soit d’Erlon, soit Lobau, laissé inutilement à Charleroi, n’ayant pu s’opérer sur l’aile droite des Prussiens, la combinaison principale de l’Empereur, qui consistait à broyer l’armée prussienne entre une attaque sur le centre et une attaque sur l’aile droite, et à ne laisser de retraite à ses débris que sur Namur, n’a pu recevoir son exécution.
La retraite des Prussiens reste libre par toutes les routes et s’opère tranquillement. On ne les poursuit pas dans la nuit ; le maréchal Grouchy se contente de les surveiller en prenant position à Sombref. Us se barricadent dans le village de Dry sur leur aile droite, et y demeurent jusqu’à une heure du matin; ils occupent à l’aile gauche le Point-du-Jour, les hameaux voisins de Sombref, et le général Thielmann, qui a combattu sur ce point la cavalerie du maréchal Grouchy, ne commence son mouvement qu’à une heure du matin pour se diriger sur Gembloux, qui n’en est qu’à deux lieues. Le général llulow,à la