‹ Histoire de la RestaurationChapitre 246 sur 325 · I.IG.NY : RKTHA1TK DK L'aH.MKK PIIISSIO.NK S Lit WAVHES. 5H · texte numérisé non relu

I.IG.NY : RKTHA1TK DK L'aH.MKK PIIISSIO.NK S Lit WAVHES. 5H

tête du quatrième corps, est arrivé pendant la même nuit dans cette localité p;u' la route opposée, trop tardivement pour prendre part à la bataille de Ligny, mais assez tôt pour coopérer au ralliement de l’armée prussienne en retraite. Les deux corps les plus maltraités, le premier à Saint-Amand, le deuxième à Ligny, se sont portés dans la nuit derrière le défilé de Mont-Saint-Guibert pour reformer leurs brigades et leurs divisions, et, dans la matinée du 17 juin, ils se mettent en marche vers Wavres, sur la Dyle, point général de ralliement de l’armée prussienne, situé à peu près à six lieues du champ * de bataille. Zieten y est arrivé avec le premier corps dans la journée du 17 juin, ainsi que Pirch avec le deuxième corps.

Le troisième corps, conduit par Thiclmauu, n’a quitté Gembloux que le 17 juin à deux heures de l’après-midi, et n’est sur la Dyle que fort avant dans la soirée. Le corps de Bulon , servant d'extrême arrière-garde, n’a quitté Gembloux qu’à trois heures de l’après-midi. Aucun des corps d'armée prussiens ne se dirige sur Namur. Le plan qui consistait à précipiter l’armée prussienne vers cette ville pour la séparer de l’armée anglaise a donc échoué. L’armée prussienne se retire de manière à se tenir toujours à la hauteur de l’armée anglaise. Elle s’élève encore après la bataille de Ligny à plus de 90,000 combattants. Le corps d’armée de liulow a plus que comblé le vide que nos boulets et nos baïonnettes ont fait dans ses rangs.

Les premiers rapports envoyés à l’Empereur sur la direction dans laquelle s'opérait la retraite de l’armée prussienne ont été erronés. 11 croit que Bltlcher se retire sur Namur, et il prescrit au maféchal Grouehy de le suivre sur cette route. 11 lui donne pour remplir cette mission 32,000 hommes dont 3,000 de cavalerie, avec quatre-vingt-seize bouches à feu. Ce n’était pas, il faut s’en souvenir, la' poursuite d’une armée entièrement désorganisée par l’armée victorieuse attachée tout

LES CENT-JOCRS.

entière à ses pas : l'armée prussienne avait perdu le champ de bataille , mais elle se retirait en ordre sur les renforts qui lui arrivaient, et elle n’était suivie que par un détachement de l’armée française sur lequel elle avait une grande supériorité numérique, puisque lllilcher, en comptant le corps de Bulow, avait entre 90,000 et 100,000 hommes sous ses ordres ’, et que le général Grouchy détaché derrière lui n’en avait que 32,000.

Un peu plus tard, Napoléon mieux informé dictait pour le maréchal Grouchy au général Bertrand les instructions suivantes, datées de Ligny : « Monsieur le maréchal, rendez-vous à Gembloux avec h corps de cavalerie du général Pajol, la cavalerie du quatrième corps et le corps de cavalerie du général Excelmans, la division du général Teste dont vous aurez un soin particulier étant détachée de sou corps d’armée, et les troisième et quatrième corps d’infanterie. Vous vous ferez éclairer sur la direction de Namur et de Maëstricht, et vous poursuivrez l’ennemi. Éclairez sa marche et instruisez-moi de ses manœuvres de manière que je puisse pénétrer ce qu’il veut faire. Je porte mon quartier général aux quatre chemins, où ce matin encore étaient les Anglais. Notre communication sera donc directe par la route pavée de Namur. Si l’ennemi a évacué Namur, écrivez au général commandant de la deuxième division militaire à Charlemont de faire occuper cette place par

quelques bataillons de garde nationale 11 est important de

pénétrer ce que l’ennemi veut faire : ou il se sépare des Anglais , ou ils veulent se réunir encore pour couvrir Bruxelles en tentant le sort d’une nouvelle bataille. Dans tous les cas, tenez constamment vos deux corps d’infanterie réunis dans une lieue de terrain, et occupez une bonne position militaire ayant plusieurs débouchés de retraite. Placez des détache-

l Ij' l'hilTre qui- donne le glnfral Warner es! de 1 04 .* 1 0 hommes.

LIOSY ; ORDRES DE L'EMPEREUn A OHOUCH1 . 5I,J

ments de cavalerie intermédiaires pour communiquer avec le quartier général. »

Ainsi Napoléon abandonnait l’armée prussienne après l’avoir battue, mais sans l’avoir détruite, ou même dispersée, pour se reporter sur l’armée anglaise demeurée aux Quatre-Bras, incertain des résolutions de l’ennemi et ignorant si le duc de Wellington lui livrerait bataille avant Bruxelles. C’était une grave situation. En ellet, nous nous retrouvions, comme au commencement de la campagne, entre deux armées dont chacune était égale en nombre à l’armée française; mais ces deux armées, au lieu d’être surprises étaient averties, et elles avaient eu le temps de rallier tous leurs corps. Il y avait donc à erain- ■d»e, si 1 Ejnpereur attaquait l’armée anglaise qui allait se trouver plus considérable que la sienne, que Blücher, qui disposait de près de 100,000 hommes contre les 33,000 de Grouchy, ne contint celui-ci avec une partie de ses troupes, et, en se portant à la tète du reste contre l’Empereur, n’exécutât corftre nous la manœuvre que Napoléon avait projetée contre les Prussiens * Liguy. Ce péril était d’autant plus imminent que si les Anglais effectuaient leur retraite vers Bruxelles, ils se rabattaient sur leurs réserves et accéléraient le ralliement de leur armée.

Le duc de Wellington, en apprenant, dans la matinée du 17 juin, que Blücher avait été trop affaibli pour garder la position de Sombref et qu’il s’était mis en retraite sur Gembloux avec l’intention de se placer sur la ligne de la Dyle, prit aussitôt la résolution de faire un mouvement correspondant à celui de l'armée prussienne. Les Quatre-Bras n’étaient pas tenables pour les Anglais, du moment que Sombref était évacué par les Prussiens. Wellington envoya prévenir Blücher qu’il se retirait sur Mont-Saint-Jean et qu’il accepterait la bataille dans cette position, si Blücher lui garantissait le concours de deux corps d’armée prussiens pendant la bataille. Blücher, tout meurtri encore de sa chute, répondit avec l’ardeur d’un jeune

lli«t. de la Rrtlanr. II. -L

LES CE.Yr— JOUIS.

homme, malgré ses soixante- dix ans : «J’arriverai, nonseulement avec deux corps, mais avec mon armée tout entière , à condition que si les Français ne nous attaquent pas le 18, nous les attaquerons le 19 '. » Le Mont-Saint-Jean était, après les Quatre-Bras, la seconde position où on pouvait livrer bataille sur le chemin de Bruxelles. Il y avait de l’analogie entre celle position et celle des Qnatre-Bras, à cause du caractère inontueux du terrain, fortifié par la nature, et des bois dont il était couvert, caria forêt de Soignes est située sur les derrières du Mont-Saint-Jean , et plusieurs bouquets de bois sont semés sur le front de la position. Le duc de Wellington craignait cependant d’être tourné sur sa droite par Nivelles et Hall, ce qui l’aurait obligé à évacuer Mont-Saint-Jean, et il avertissait le duc de Berry pour que, à tout événement, celui-ci conseillât au roi Louis XVIII d’être prêt, si les événements l’exigeaient, à quitter lîand et à se rendre à Anvers par lé passage de l’Escaut. 11 ajoutait cependant que le Roi ne devait pas se mettre en mouvement à la première rumeur que la renommée pouvait lui apporter, mais qu’il devait attendre la nouvelle certaine de l’entrée des Français à Bruxelles. Telles étaient donc les résolut ions du duc de Wellington : attendre Napoléon à l’entrée de la forêt de Soignes, dans la forte position de Mout- Sainl-Jean, et lui livrer bataille avec la certitude d’être appuyé par les Prussiens, si cette position n’était pas tournée par Nivelles et par Hall, où il avait prescrit au prince Frédéric et à son corps de prendre position J.

Par une étrange coïncidence, l’Empereur et le maréchal Ney, quoique les deux champs de bataille sur lesquels ils avaient

1 . (Support île IllUt'hcr sur lu bataille de Waterloo, inséré au Moniteur du 1 0 juillet ISIS.

2. The Di*i>“tchet uf firld- mal shnl Oie duke uj Wellington, volume XII. Ce* ■lélaili- eteeuv qui précèdent «ont empruntés à une lettre adressée |iar le général angtai» au due de Berry , et datée du 18 juin, à trois heure* du malin.

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