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aux Quatre-Bras vers deux heures. Les troupes du maréchal Ney ne parurent, qu’un peu plus tard, et défilèrent, la division Drouet d’Erion en tête, devant l'Empereur, qui les attendait avec impatience. Cette lenteur du maréchal peut s’expliquer jusqu’à un certain point par ce passage des premières instructions du maréchal Soult, datées de Fleuras : « L’intention de Sa Majesté est que vous preniez position aux Quatre-Bras, ainsi que l’ordre vous en a été donné; mais si, par impossible, cela ne peut avoir lieu, rondez-eu compte sur-le-champ avec détail, et l’Empereur s’v portent; s’il n’y a au contraire qu’une avant-garde, attaquez-la et prenez position. La journée d’aujourd’hui est nécessaire pour terminer cette opération et pour compléter les munitions, rallier les militaires isolés et faire rentrer les détachements. »
Le mouvement dej’année française commença, mais trop tard pour qu’on pût atteindre l'armée anglaise avant que le gros de ses forces eût gagné ses pi isitions. On avançait avec une extrême lenteur : la pluie, qui ne cessait de tomber depuis le matin, avait détrompé la terre des chemins, où l’on enfonçait dans la boue jusqu’à mi-jambe ; à partir de Genappe, on avait laissé à l’artillerie la chaussée de Charleroi. Il faisait une chaleur étouffante ; le thermomètre marquait trente degrés, et les hommes comme les chevaux succombaient sous le poids de cette température d’orage. Il y eut seulement un engagement assez vif de cavalerie à Genappe, au sortir de cette ville. Lord l’xbridge prit position avec ses escadrons pour donner le temps à ses colonnes latérales de passer la Dyle, en arrêtant un moment la marche de notre avant-garde, conduite en personne par l’Empereur. Les cuirassiers du général Milhaud et la cavalerie légère des généraux Subervic et Domon, -soqtenus par plusieurs batteries de l’artillerie légère de la garde, obligèrent eù un instant, par des charges brillantes, lord ( xbridge à abandonner sa position, et mirent en désordre la cavalerie anglaise;
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1 intrépide colonel Sourd, commandant le deuxième lanciers, se lit une fois de plus remarquer dans cette affaire, et après avoii tué de sa main le colonel d’un régiment ennemi et abattu plusieurs cavaliers, il eut un bras haché à coups de sabre. Lord lTsbridge, se mettant à la tète du premier régiment des lifeguards, exécuta à son tour une charge brillante, et assura ainsi la retraite de l'arrière-garde anglaise.
Les Anglais, toujours suivis par Napoléon, dont l’avantgarde n’avait pas perdu de vue leur arrière-garde, étaient établis vers cinq heures à Mont-Saint-Jeau, dans les positions que le duc de Wellington avait choisies. A six heures et demie, Napoléon arrivait devant cette position avec le premier corps d’infanterie et une division de cavalerie. La pluie continuait à tomber par torrents ; une brunie épaisse obscurcissait l’air et devançait la nuit, qui n’était pas encore venue, car on était dans les plus longs jours de l'année. 11 était trop tard pour livrer bataille le jour même. Les troupes, après une marche laborieuse sur un terrain presque impraticable, étaient accablées de fatigue ; d’ailleurs l’Empereur était loin d’avoir toutes ses forces réunies sous la main. La garde n’était point, arrivée, et le deuxième corps avait reçu l’ordre de bivouaquer à (ienappe, à une lieue de la ferme du Caillou, située sur le bord de la chaussée, et dans laquelle l’Empereur avait établi son quartier général ; le deuxième corps devait rejoindre l’armée à la pointe du jour. Cependant l’Empereur voulut tâter l'ennemi et simula une attaque sérieuse ; les Anglais démasquèrent alors cinquante pièces de canon, déjà en position, et devant cette démonstration il fallut s’arrêter. La bataille ne pouvait être livrée que le lendemain.
Tout le temps perdu par nous était gagné pour l’etmemi. 11 continuait à concentrer ses forces. Le 17 juin au soir, le duc de Wellington écrivait au major général, ‘sir Golville : « L’armée s’est retirée aujourd’hui de la position qu’elle occupait