I.ES CENT-JOl!KS
inquiet que le. mauvais temps ne l’empêchât d’en profiter. »>
Napoléon n’avait craint qu’une chose , c’est que le duc de Wellington ne refusât la bataille. Heureux delà lui voir accepter, il n’appréhendait alors qu’un obstacle, la pluie, qui, en continuant à tomber, pouvait rendre le champ de bataille impraticable pour la journée du £8 juin. Presqu’en rentrant à la ferme du Caillou, il reçut une dépêche du maréchal Grouchy. Ce rapport était daté de Gembloux, le 17 juin, à dix heures du soir. Le maréchal, qui n’avait reçu qu’à midi son commandement, n’avait pu mettre son infanterie en mouvement qu’entre deux et trois heures*. Le temps était effroyable, et il n’avait pu faire, dans des chemins presque impraticables, que trois lieues en sept heures; c’est la distance qui sépare Ligny de Gembloux par les routes frayées * : Gembloux est à quatre lieues du champ de bataille où allait combattre l’Empereur, tandis que la plus grande partie des troupes prussiennes étaient déjà rendues à Wa\res, à deux lieues seulement de la gauche de l’armée anglaise. Cette lenteur, amèrement critiquée dans des récriminations rétrospectives, trouve en partie son explication dans le mauvais état des chemins, la chaleur et la pluie, qui rendirent plus lente encore la marche de l’Empereur sur Mont-Saiut- Jean, en partie dans l’obligation, pour un corps d’armée de trente-trois mille hommes, de suivre avec circonspection une armée presque trois fois plus considérable, et dans l'impossibilité de ne pas laisser beaucoup d’avance aux colonnes d’une armée si nombreuse, dont on ne suit naturellement que l’ar-
1 . Le quatrième corps reçut vit* midi et demi (le I ‘ juin) l’ordre de se mettre en mouvement sur Gembloux. Le général Mulot, qui formait la tête de colonne, fut obligé d'attendre que la gauche du général Vandnmmc eût déblayé pour pouvoir se mettre en roule. Ce n'est que vers trois heures qu'il a commencé à marcher. [Quelques Documents, fur le général Gérard.)
2. « Le» Iroupe» n’arrivèrenl à Gembloux qu'à neuf heures el à dix, avant marché aussi vite qu'il était humainement |Kissihle par une pluie lorrenlielle el d'épouvantables chemins. » (Gérard, Quelque s Documents