WATERLOO : TOPOGRAPHIE OU CHAMP OE BATAILLE
rière-garde. En outre, le maréchal exprimait dans cette lettiv des doutes sur la direction de la retraite des Prussiens. Une colonne semblait, d’après tous les rapports, avoir pris la route de Wavres en passant par Sart-lez-Walhaiu ; l’autre colonne paraissait s’être dirigée sur Penvès. Le maréchal en induisait qu’une portion allait rejoindre Wellington, et que le centre de l’armée de Bltlcher se dirigeait sur Liège. Il pensait aussi qu’une colonne avait pris la route de Namur, et il avait envoyé le général Excelmans à la découverte. Il ajoutait qu’il prendrait lui-même sa route dans la direction où marcherait lu principale force de l’armée prussienne. Sa lenteur venait donc aussi de son indécision, et son indécision de l’ignorance où il était encore le 17 juin, à dix heures du soir, sur la route qu’avait prise le gros de l’armée de Bltlcher.
Le jour se lève sur le champ de bataille de Waterloo *. Le
I . Nous avons lu les principaux écrits qui ont été publiés sur la bataille de Waterloo et nous avons suivi avec beaucoup d'attention le mouvement de la bataille sur la carte. Notre préoccupation constante a été de démêler la vérité au milieu de tant de relations contradictoires , avec la volonté bien arrêtée de la dire. Nous n'avons pu admettre avec SI. Villemain , dans son beau livre sur les (à-nl -Jours, que la campagne de 18 15 ne fût plus à écrire, parce que l’Em- [tereur l'avait écrite; encore moins avons-nous admis, avec M. de Vaulabclle , que l’on dût accepter sans contrôle le récit que Napoléon a fait dans l’exil de la bataille de Waterloo.
Dr l'aveu de tous, l’Empereur a été le premier homme de guerre de son temps; personne mieux que lui n'aurait pu raconter cette campagne cl cette bataille, si *n les racontant il n’avait été juge et partie; juge ulc ré et partial, cherchant A casser l'arrêt qui l’a condamné. Son récit est, par la force dos rhoscs, satirique et apologétique : satirique à l’endroit de ses adversaires, apologétique quand ii s'agit de ses propres actes. Il sulRI de citer cette dictée de l’Empereur à Sainte-Hélène pour se convaincre que ce n’est pas en historien qu’il parle : • l.e général anglais a livré le I 8 juin la bataille de Waterloo, tle parti était contraire aux intéfets de sa nation, au plan général de guerre adopté par les aillés; il violait toutes les règles de la guerre. Il n'était pas dans l'intérêt de l’Angleterre, qui a besoin de tant d’homines pour recruter ses armées des Indes et ses colonies, de * exposer à perdre sa seule armée. Le plan des alliés consistait à agir en masse pt A ne s’engager dans aucune lutte partielle et chanceuse. Le général anglais, ,-n prenant la résolution de recevoir la bataille k Waterloo, ne se fondait que sur •a coopération des Prussiens . mais cette coopération ne pouvait avoir lieu que
LES CENT-JOt’RS.
moment est venu de décrire ce champ de bataille et la position de chacune de» deux armées qui vont en venir aux mains. A une certaine distance, au delà de la Dyle, qui coule de Wavres vers (îenappe, le. terrain s’élève graduellement jusqu’à ce qu’il arrive au plateau de Rossomme, situé à gauche et un peu en arrière de l’iancenois, sur la droite de la chaussée de Charleroi à Bruxelles. A partir de Rossomme jusqu'à la ferme de la Belle-Alliance, située un peu plus d’un kilomètre plus avant, mais sur la gauche de la même chaussée, le terrain descend sur une étendue d’environ douze cents mètres, par des ondulations successives. Au delà de la Belle-Alliance règne, sur une étendue de sept cents mètres, un second plateau dont 1a déclivité est à peine sensible, jusqu’à une distance de deux cent quarante mètres des bâtiments de la ferme de la Haie-Sainte, également située sur la gauche de la chaussée de Charleroi à Bruxelles. Le sol se précipite alors , par une pente de près de quarante degrés, dans un vallon vers lequel se penche le verger de cette ferme. Mais à cet endroit le terrain se relève par un brusque ressaut et forme, à hauteur de la ferme, un troisième plateau , espèce de terrasse naturelle qui s’étend à gauche de la chaussée de Charleroi jusqu’au manoir de Ilougoumont, vieille tour seigneuriale qui, avec sa chapelle et .-es bâtiments
dans l'après-midi. il réglait donc exposé seul depuis quatre heure» du malin jusqu'à cinq heures du noir, c'est-à-dire pendant Ireiic heures ; une bataille lie dure que pendant six heures. Cette coopération était donc illusoire. »
l.e plu» simple bon sens indique la réponse : Ce n'éluit pa» probablement pour eomhallre dans l’Inde que l'Angleterre avait envoyé une armée en Helgique ; le plus redoutable de ses ennemis, c'élait Napoléon. Wellington connaissait la force de sa position, que l’Empereur ne connaissait pas. Il savait parfaitement que l’Empereur, qui le suivait , ne serait pas en mesure de commencer la bataille à quatre heures du matin. Il connaissait l’état du champ de bataille, qu’il avait traversé. Il avait la parole de lilUeber, dont Croueby ne pouvait retenir les quatre-vingt-dix mille hommes avec trente-trois mille. Eutiii, c’est un singulier paradoxe que d'entreprendre de prouver à un général qu’il n’aurail |ias dû livrer la bataille qu’il a gagnée.