WATERLOO : TOPOGRAPHIE DP CHAMP DE BATAILLE. SS
d’exploitation placés au milieu d’une cour de ferme, se dresse sur une éminence, à environ quatorze cents mètres de la Haie- Sainte et en deçà de la chaussée de Nivelles, à laquelle ce manoir est presque contigu. A droite do la chaussée de Charleroi, la même terrasse s’étend jusqu’à la ferme de la Papelote, située à douze cents mètres de la Haie-Sainte Ce boulevard, inclinant de l’est à l’ouest, présentait donc une position naturellement fortifiée de deux mille six cents mètres d’étendue, et s’élevant à peu près au niveau des positions occupées par l’armée française de l’autre côté du vallon , à Plancenois et à Rossoinmc, à deux kilomètres sud des Anglais. La force principale de ce boulevard était au centre et sur la droite- de Wellington. Hougoumont, la Haie-Sainte, à l’ouest ; Papelote, la Haie, Smohain, Fricheinont, à l’est, lui servaient de postes avancés. L’étendue de cette ligne est de deux mille mètres environ. Sous la Haie, le vallon se rétrécit et affecte des pentes plus rapides, et du milieu des marécages sort un faible cours d’eau, qui va couler vers Ohain et porter ses eaux au ruisseau le Lasnc, un des affluents de la Dyle.
Au delà delà Haie-Sainte, la chaussée de Charleroi à Rmxelles, après un parcoursde quatorze cents mètres environ, rencontre, au Mont-Saint -Jean, la chaussée de Nivelles, avec laquelle elle forme un triangle dont la base est à Mont-Plaisir et à Rossomme et le sommet au Mont-Saint-Jean , point culminant de la situation. Un peu avant d’arriver à ce point, le plateau se trouve coupé par un chemin de traverse qui, tombant presque à angle droit sur la chaussée de Charleroi , conduit de Braine l’Alleud à Ohain. Ce chemin, bordé de haies vives et fortes,
I . l.a crête do cos hauteurs est la limite sud d'une vaste croupe c|ui s'étend h l'ouest jusqu'au-dessus de Merhe-ltraine , hameau situé dans un vallon, fl l’est jusqu’à Ohain, au nord jusqu'au hameau de Mont -Saint-Jean, où commence une ponte douce qui descend au village de Waterloo, sllué à une lieue de la llaie- Salnle, dans une échancrure de la forél de Soignes.
LES CENT— JOURS
lougc la crête du plateau dans toute son étendue; il est à peu près au niveau du sol en arrivant d’Ohain à la chaussée de Bruxelles, mais, vers cette chaussée, il forme un fossé qui n’a pas moins de huit pieds d’escarpement, cl qui s’étend sur un espace de six cents mètres; au delà, le chemin reprend le niveau du sol. C’est à trois mille huit cents mètres plus loin que la chaussée de Charleroi, continuant à courir vers Bruxelles, rencontre dans la forêt même de Soignes, située à une demilieue des positions anglaises, le village de Waterloo, qui devait donner son nom à la bataille.
Le duc de Wellington a décrit ainsi lui-même la position qu’il avait choisie : « La position que je pris sur le front de Wuterloo coupait la grande route de Bruxelles à Charleroi, et avait sa droite appuyée en arrière à un ravin près de Merbe- Braine que j’avais fait occuper. Ma gauche s’étendait jusqu’à une colline en avant du moulin de Ter-la-Haie , que j’avais fait également occuper. Sur le front du centre droit nous avions pris position dans la maison et les jardins de Houguumont ', qui couvraient la partie de notre flanc qui était en retraite de ce côté. Sur le front de notre centre gauche, nous occupions la ferme de la Haie-Sainte. Par notre gauche, nous communiquions avec le prince Blücher à Wavres par Chain. Il m’avait promis que, dans le cas où nous serions attaqués, il viendrait à mon secours avec un de ses corps d’armée, et plus d’un de ses corps, s’il était nécessaire »
Le duc de Wellington acceptait donc une bataille défensive dans une position fortifiée par la nature , à une demi-lieue en avant de la forêt de Soignes, avec la certitude d’être sou-
l . C'est 1« château que dans plusieurs relations françaises on iKiignr sons le nom de château do lioinont ou de (îoumonl.
V. BlUcher avait écrit au duc do Wellington : « J'irai vous rejoindre nonseulement avec deux corps , mais avec mon année tout entière , et si l’ennemi ne vous attaque pas le 18, nous irons l’attaquer ensemble le 19. • (Récit «lu général Muttlin.) Ce récit confirme le rapport de Blllcher cité plus liant.