‹ Histoire de la RestaurationChapitre 255 sur 325 · I.ES CENT-JOURS · texte numérisé non relu

I.ES CENT-JOURS

devaient traverser pour arriver à la position. Les Anglais n’avaient ajouté aucun ouvrage d’art à la position naturellement très-lorte de la Haie-Sainte, qui couvrait leur centre gauche. Ses jardins étaient également entourés d’un mur couvert à quelque distance d’une haie vive. La porte de cette ferme, située, on l’a vu, sur la gauche de la chaussée eu allant de Charleroi à Bruxelles, ouvrait sur la chaussée même, du ciMé le plus voisin des positions françaises. Pour remédier a cet inconvénient, Wellington lit faire des abatis de bois dans la foret de Soignes, et construire une forte barricade qui fermait la tranchée ouverte pour laisser passer la chaussée de Charleroi à Bruxelles, bordée sur la plus grande partie de sou parcours par des maisons et des jardins favorables à la défense. 11 avait de même fait encombrer la chaussée de Nivelles de vastes abattis d’arbres, parce qu’elle pouvait être enfilée eu ligne droite, comme la chaussée de Charleroi à Bruxelles, par les batteries françaises.

Le duc de Wellington avait disposé son armée sur deux lignes. La seconde, par le mouvement de terrain que faisait le plateau de la Haie-Sainte, se trouvait abritée contre notre artillerie, et ne pouvait être découverte même du plateau de Rossomme. Une armée de soixante-seize mille sept cents hommes couvrait ces redoutables positions 1 . Elle se subdivisait ainsi : B6,734 fantassins, 12,697 cavaliers, et 7269 artilleurs servant 200 pièces de canon. Le prince Frédéric des Pays-Bas avait

I . Sur celle armée, il y avait ■) i ,440 hommes d'infanterie, 8,454 cavaliers, cl 3,23!) artilleur* servaul ccnl trente-six pièces d'artillerie qui appartenaient a l'armée anglaise. Le reste appartenait à l’armée de» l’uys-lfas, saufle contingent de Brunswick et de .Nassau. Ce chiffre de 43,133 homme* comme effectif de l'armée anglaise il V\ aterloo est donné dans le tableau envoyé par Wellington à lord T>atlmr»t et signé par John VValers, lieutenant-colonel, assistant-général. (Voir lhe Diipatcliet.) L'Lmperour suppose 00,000 homme* au duc de Wellington dans «es Mémoire », parce qu'il comple comme présent* sur le rhauip de bataille les 10,000 liomine* détachés à Hall sou» le commandement du prince Frédéric.

WATERLOO : FORCE DES DEl'X ARMÉES. 529

été détaché avec 16,000 hommes et 48 bouches à feu sur Hall, situé à peu près sur la même ligne que Waterloo, à une distance d’environ deux lieues de ce village, pour empêcher la position des Anglais d’être tournée par leur droite. L’appréhension du duc de Wellington était en effet que Napoléon n’acceptât pas la bataille sur le terrain que les Anglais avaient choisi, et qu’en manœuvrant il les obligeât à quitter les redoutables positions dans lesquelles leur habile général avait retranché son armée, fidèle en cela au génie et à la tradition militaires de sa nation, qui excelle dans les combats défensifs et y a obtenu souvent l’avantage sur nous

Napoléon, en laissant 33,000 hommes au maréchal Grouchy pour suivre le mouvement de Blücher, avait amené avec lui sur le champ de bataille de Waterloo 72,000 hommes environ. L’infanterie comptait 49,300 hommes, la cavalerie 14,700; l’artillerie 7,700, qui servaient 248 bouches à feu. L’Kmpereur, numériquement inférieur aux Anglais eu infanterie, leur était donc supérieur en cavalerie et en artillerie ; ainsi les forces se balançaient à peu près au commencement de la lutte. Mais il y avait en dehors et à peu de distance du champ de bataille deux forces dont il fallait tenir compte, et que représentaient deux noms, Grouchy et Blücher. Derrière Blücher 90,000 hommes; derrière Grouchy 33,000 seulement. Si Grouchy ne parvenait point à trouver une position qui lui permît d’arrêter cette armée triple en nombre, la balance, à peu près égale au commencement de la bataille, penchait tout à coup d’une manière effrayante du cèté des Anglais. A l’avan-

I. On retrouve dans une lettre datée du I!) juillet 1816, et adressée a lord Bcresford, l'expression de l’étonnement (|ue causa au duc de Wellington la manière dont Napoléon attaqua l'armée anglaise : « Napoléon n’a pas manu'uv ré , dit-il, il a lancé son armée en colonnes d’attaque, selon l'ancienne méthode; seulement il a mêlé la cavalerie à l’infanterie et les a fait appuyer par une artillerie formidable. »

Hi«t ils ta Rcattur. 11. AJ

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