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tage des positions, ils ajouteraient celui il une supériorité numérique écrasante. Il était donc dans l’intérêt de l'Empereur de commencer de bonne heure la bataille et de la pousser vivement. Chaque heure écoulée diminuait ses chances et augmentait celles de l'ennemi.
A cinq heures du matin. l’Empereur était plein de conliance. Quelques rayons de soleil ayant fait une éclaircie dans le ciel bruineux qui n’avait cessé de verser la pluie pendant la nuit, il y vit luire l’espoir d’une belle journée, et dit à ceux qui l'entouraient que ce soleil ne se coucherait pas sans éclairer la chute de l’oligarchie britannique et la résurrection de la France impériale, sortie plus puissante et plus gl< >rieuse que jamais «le son tombeau. Il multiplia dans cette matinée les paroles de ce genre, soit qu’il éprouvât réellement cette conliance, soit qu'il sentit la nécessité de l’inspirer autour de lui. A huit heures du matin, il déjeuna. « L’armée ennemie, dit-il aux généraux qui l’entouraient, est supérietue à la nôtre de près d’un quart *, mais nous n’en avons pas moins quatre-vingt-dix chances pour, et pas dix contre. » Le maréchal Ney, qui entrait, vint annoncer dans ce moment que le duc de Wellington semblait en pleine retraite, et que ses colonnes disparaissaient dans la forêt de Soignes. « Vous avez mal vu, interrompit Napoléon; il n'est plus temps, il s’exposerait à une perte certaine. Il a jeté les dés, ils sont pour nous. »
A huit heures et demie, des officiers d’artillerie envoyés pour examiner l’état du terrain dans la plaine revinrent annoncer que l’ artillerie pourrait à la rigueur y manœuvrer, et que les difficultés seraient sensiblement diminuées dans une heure. L Empereur, montant aussitôt à cheval, alla reconnaître la ligue ennemie, et chargea le général Haxo de s’en approcher «le manière à pouvoir dire si l'ennemi avait élevé des rotran-
I . Non» U'mi, f(|illi|n.- |ilns li.inl Ici l ausc <)•* IVrri'lir île cali’lll de Napoléon.
WATERLOO : POSITIONS PRISES PAR l'aHMÉK FRANÇAISE. .131
chements ou des redoutes. Le général vient bientôt l’assurer qu’aucun ouvrage d’art n’avait été construit. Les positions «les Anglais étaient naturellement assez fortes par elles-mêmes. L’Empereur dicta alors son ordre dé bataille, que deux généraux assis par terre écrivirent, et, aussitôt après, des aides de camp en portèrent des copies aux divers corps d’armée, déjà sous les armes, bientôt après l’année française s’ébranla sur onze colonnes et descendit dans une belle ordonnance des hauteurs où elle était placée pour aller prendre ses positions de combat. Ces onze colonnes, qu’un historien anglais 1 a comparées à d'énormes serpents dont les écailles étincellent aux rayons «lu soleil, défilèrent lentement en face des collines opposées, au bruit des trompettes, des musiques régimentaires faisant retentir au loin le Chant ifu départ et l’air : Veillons au salut de l’Empire , auquel se mêlait le roulement des tambours. L’armée anglaise, des positions où elle était placée comme sur un amphithéâtre, contemplait les terribles magnificences de ce spectacle militaire.
Bientôt elle vit l’ordre de bataille de l’armée impériale sortir avec une simplicité magique de ces mouvements compliqués. A dix heures et demie, l’armée française se trouvait rangée sur six lignes en face des positions anglaises. A l’extrême gauche % et au «lelà de la chaussée de Nivelles, la cavalerie légère du deuxième corps (général I*iré) s’établit sur trois lignes à la hauteur des bois d’Hougouinont, eu poussant des grand 'gardes vers Braine-l’Alleudetcn éclairant au loin la plaine; la batterie d’artillerie légère à droite et à gauche de la chaussée de Nivelles. Le deuxième corps (général Iteille) occupait avec ses trois divisions le terrain d’une étendue d’un peu moins de deux kilomètres qui sépare en cet endroit la chaussée de Nivelles de celle de Charleroi : il avait pris position à trois cents
l . Sir \li.won.