‹ Histoire de la RestaurationChapitre 261 sur 325 · WATERLOO : RÉSULTAT DK LA 0 HA S IJ K ATTAQUE · texte numérisé non relu

WATERLOO : RÉSULTAT DK LA 0 HA S IJ K ATTAQUE

en tète et en liane, désorganise plusieurs régiments, enlè\e l’aigle du 45' et celle du 25', sabre, foule aux pieds, disperse tout ce qu’elle rencontre; puis, continuant sa course frénétique, passe sur le flanc des régiments qu’elle n’a pu entamer, descend la pente du ravin, et se précipite comme une avalanche sur les pièces de canon arrêtées dans la boue. En un instant elle en renverse trente, qu’elle met ainsi hors de service. L’Empereur, de la position où il est placé en avant de Rossoinme, a vu les effets désastreux de cette charge de cavalerie. « Ces terribles chevaux gris, s’est-il écrié, comme ils travaillent ! » Puis, s’élançant au galop vers la Relie- Alliance, il prescrit au général Milhaud de lancer contre cette cavalerie une brigade de cuirassiers. Le général Travers, a la tète des 7e et 12e régiments, part à l’instant. Mais déjà les escadrons des généraux Subervic et Jacquinot, placés, on s’eu souvient, à notre extrême droite, ont coupé, par une manœuvre hardie, toute retraite aux dragons du général Ponsoinby, que leur impétueux essor continue à entraîner, Chargés eu queue par les lanciers, les hussards, les chasseurs, ils éprouvent des perles sensibles. Leur général, sir Ponsoinby, est tué d’un coup de lance par un maréchal des logis, le brave L iban, qui, se retournant pour faire face à un dragon qui veut venger sou général, le renverse, le tue, et par un nouveau fait d’armes lui reprend 1 aigle du 45', qu’il avait enlevée. Le» dragon» commencent à lâcher pied, et vont se jeter tète perdue sur les cuirassiers, qui les achèvent. C’est à peine »i sur ces douze cents cavaliers d’élite deux cents parviennent à s’échapper et à se rallier à l’abri d’un petit bois, en arrière de leur position. Mais ils ont fait à l’armée française un mal irréparable. Trente pièces de canon sont renversées, enterrées dans les boues du ravin, et ne pourront être relevées. La première attaque est manquée.

\ l’extrême gauche, le second corps d’armée est arrivé jusqu’aux murs du château de Hougoumout au prix des pertes les

LES CENT-JOIRS

cruelles, mais les soldats réclament en vain du canon pour ouvrir une brèche dans les murs du château. Des obusiers envoyés par les ordres de l’Empereur ont incendié les bâtiments de la ferme. Les Anglais n’en sont pas moins restés inébranlables dans le jardin et dans le château, et leur feu meurtrier a arrêté les bataillons français toutes les fois qu’ils se sont approchés pour l'assaut. A la Haie-Sainte, la première division du premier corps a refoulé l’ennemi jusque dans les bâtiments, mais il n’a pu l’eu déloger. Plus à droite, et en face de la ligne même du duc de Wellington, les divisions Donzelot et Marconnet se reforment péniblement dans le ravin, derrière le rideau formé par la cavalerie qui vient de briser la brigade des dragons Ponsomby, tandis que du côté des Anglais la division Bylandt se rallie dans sa première position, et que la première ligne anglaise du général Kempt, encore émue de cette terrible attaque, cherche à se reformer. A notre extrême droite, la division Durutte, forte de quatre mille baïonnettes seulement, a comme les divisions du centre obtenu d’abord des succès. Elle s’estemparée l’anneau bras des deux premières positions qu’elle a rencontrées; mais au moment où elle abordait la troisième, inopinément chargée en tète et sur son flanc gauche par une colonne de dragons légers du général Vandeleur, sa ligne de front a été enfoncée, et elle a reculé dans le plus grand désordre, après avoir perdu 300 hommes, en cherchant à faire face à cette cavalerie. Heureusement le 85*, laissé dans la position pour défendre la batterie de l’extrême droite, a réussi à arrêter les dragons en se formant en carré et en se couvrant de feux sur toutes ses faces. L’inébranlable résistance de ce régiment a été le salut de la division Durutte qui est venue se reformer derrière cette citadellevivante, tandis que les chasseurs du général Jacquinot, conduits par le général Bruno, précipitaient, par une charge heureuse, la retraite des dragons anglais. Mais un fait d'une haute gravité s’est manifesté sur ce point du

WATERLOO : l,E CHAMP DE BATAILLE A 2 HEURES 1/2. 345

champ de bataille. Le sixième corps, mis en mouvement pour appuyer le général d’Erlon à l’extrême droite, arrivait sur la crête du ravin un instant avant la charge des dragons anglais, quand on vint avertir le général Lobau que les tirailleurs ennemis se répandaient sur son flanc droit. Aussitôt le général s’avance dans cette direction et reconnaît distinctement les tètes de colonne des deux premières divisions de Bulow, fortes ensemble d’environ 16,000 hommes, qui commençaient à déboucher du bois de Paris (le bois de Lasne), à un kilomètre et demi de l’extrême droite de l’armée française. Dès lors, le sixième corps était distrait de l’attaque générale et avait pour destination d’arrêter les Prussiens dont les premières colonnes devaient être eu ligne dans une heure et demie sur le flanc droit de l’armée impériale.

Trois divisions en désordre et obligées de se réorganiser avant de recommencer l’action, trente canons de gros calibre mis hors de service ', l’attaque du château d’Hougoumont comme celle de la Ilaie-Sainte manquée, 8,000 hommes de chaque armée mis hors de combat, et, par-dessus tout, deux heures perdues pour vaincrel’arméeanglo-hollandaise encore seule, deux heures données aux Prussiens en marche, et qui commencent à paraître sur le flanc droit de Napoléon, et qui auront 30,000 hommes en ligne à quatre heures : voilà le premier acte, de la bataille de Waterloo. Il est environ deux heures et demie quand il finit, et les deux armées se sont, par une entente tacite , accordé une trêve d’un moment, comme deux athlètes qui prennent le temps de respirer pour se porter de plus formidables coups.

I . Dan* un îles écrits les plus récents publiés sur la balaille de Waterloo , celui du colonel Charras, on afllrme , mais sans preuve, i|uc l'artillerie culbutée dan* le ravin ne se composait que do huit ou dix pièces appartenant à une division. Nous avons suivi la version la plus accréditée et la plus vraisemblable quand on se reporle à la vive impression que cet épisode a laissée dans le souvenir des historiens militaires qui ont raconté cette bataille après y avoir assisté,

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