‹ Histoire de la RestaurationChapitre 263 sur 325 · WATERLOO : LES FRANÇAIS S’EMPARENT DK LA H AIE-SAINTK · texte numérisé non relu

WATERLOO : LES FRANÇAIS S’EMPARENT DK LA H AIE-SAINTK

tant d’heures de combat et marchant sur des pentes fangeuses, n’arrivait pas à temps pour achever l’œuvre de la cavalerie qui ne pouvait démolir à elle seule ces carrés sur quatre rangs qui se couvraient de feu à son approche.

Avant cinq heures, la première colonne d’attaque faisant un effort désespéré s’empara de la position de la Haie-Sainte. Presque aussitôt après, un retour offensif des Anglais la lui arracha '. Mais revenant avec une nouvelle furie à la charge, elle réussit au prix de sanglants sacrifices à s’y établir à cinq heures, et repoussa tous les efforts du duc de Wellington pour la reprendre. Plusieurs corps de notre cavalerie vinrent se rallier en avant de cette position et firent sur la première ligne anglaise des charges réitérées. Dans leur clan irrésistible, ils traversèrent la première ligne anglaise et arrivèrent jusqu’à, la seconde et la mirent en désordre. La base d’opération du duc de Wellington au Mont-Saint-Jean fut un instant menacée. Les fuyards de plusieurs corps s’élancèrent sur la route de Bruxelles, que les chariots et les fourgons encombraient depuis la première attaque, à l’endroit où dépassant le Mont- Saint-Jean elle s’enfonce dans la forêt de Soignes. Le duc de Wellington, prodiguant sa vie comme un simple soldat, soutenait le courage des siens et se trouvait sur tous les points menacés. Ses aides de camp, ses officiers d’ordonnance tombaient autour de lui morts ou blessés. Le maréchal Ney, l’épée à la main, le visage en feu, conduisait ses têtes de colonne. Chaque fois que la cavalerie, repoussée par le feu ter-

I . Los avis sur l'heure exacte de la prise de la Haie soit! extrêmement variés. Wellington, dans une lettre à sir Walter Scott, dit deux heures, Napoléon trois heures. D’autres historiens militaires, témoins aussi de l'action, disent A quatre heures , h cinq heures ; le Prussien Wagner six heures , Ig major liaring plua tard encore. Cette contradiction s’explique en partie parce que la Haie-Sainte a été prise par les Français, reprise par les Anglais, puis reprise une dernière fois par les Français. Kn outre, le verger qui précédait la ferme fut pris longtemps avant la ferme même.

LES CENT-JOURS

rible des batteries anglaises et par lu fusillade des carrés, allait se rallier devant la Iiaie-Saintc, il revenait la chercher, et, interpellant les officiers par leurs noms, entraînant les soldats, il ramenait cette intrépide cavalerie sur les lignes anglaises. Nos escadrons couraient au milieu des carrés anglais comme s’ils avaient été au milieu de leur propre infanterie '.

11 y eut un instant où un faible poids jeté dans la balance pouvait la faire pencher. De cinq à six heures les chances semblaient tourner de notre côté. « Le désordre se mettait dans • les langs anglais, dont la perte avait été considérable ; les réserves avaient été avancées eu ligue ; la position du duc de Wellington était des plus critiques, le feu de mousqueterie continuait le long du front, l’artillerie était retirée en seconde ligne *. » Le moment vint, eu elfet, après cinq heures, où la première ligne du centre anglo-hollandais opéra un mouvement rétrograde par les ordres du général anglais qui, pour diminuer le ravage de nos boulets, la fit passer en deçà de la crête des hauteurs ; là, comme à gauche, cette crête avait trèspeu de largeur, et le terrain immédiatement en arrière se creusait dausuu large pli où ces troupes échappaient à la vue des Français. Napoléon put ainsi croire à une retraite, il y eut même une nouvelle panique qui entraîna des fuyards sur la route de Biuxelles, mais jamais cette pensée ne se présenta à l’esprit du duc de Wellington. Combattre à outrance, à toute extrémité, jusqu’à ce que lllücher vint lui apporter la victoire, telle fut depuis le premier jusqu’au dernier moment son immuable résolution. 11 lui arriva de dire vers cette heure de la bataille à quelqu’un qui lui demandait ses instructions pour le cas où il serait tué : « Je n’ai pas d’instructions à donner; il n’y a qu’une seule chose à faire, c’est de lutter jusqu’au dernier homme et

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