WATERLOO : POSITION CRITIQUE DE WELLINGTON
jusqu’au dernier moment. » Un officier général lui envoya demander dans cette minute même de faire retirer sa brigade déjà réduite au tiers ' : « Dites-lui, répliqua stoïquement le duc de Wellington, que la chose est impossible; lui et moi, et nous tous tant que nous sommes, nous devons mourir au poste que uous occupons maintenant. — Cela suffit, répondit le général ; nous sommes tous déterminés à partager son sort. »
Ces paroles expriment assez bien la situation des deux armées entre cinq et six heures. Elles étaient dans la position dé deux hommes qui, s’étreignant mutuellement, cherchent à se frapper. La première qui lâcherait prise était perdue. Nos soldats comprenant, avec leur instinct militaire, que, lorsque l’attaque et la résistance s’équilibrent ainsi, il faut une force auxiliaire et un suprême effort pour faire pencher la balance, demandaient à grands cris : La garde et l’Empereur ! N’ey envoyait de quart d’heure en quart d’heure demandera Napoléon un renfort d’infanterie pour achever son succès. De l’aveu des hommes de l’art, de cinq à six heures, la manœuvre de Ligny reproduite sur le champ de bataille de Waterloo pouvait encore percer le centre des Anglais : on aurait eu ensuite à faire face aux Prussiens. La garde et l’Empereur ! répétait-on de rang en rang. Ni la garde ni l’Empereur ne parurent. La garde était toujours à la hauteur de la Belle-Alliance, et l’Empereur soucieux, inquiet, suivait avec anxiété les progrès des Prussiens sur sa droite, attendait vainement tîrouchy qui ne paraissait pas. Il ne pouvait se décider à jeter encore dans la balance la garde, ce dernier débris de fortune militaire, cet enjeu qu’il ne pouvait perdre sans perdre en même temps l’empire même et sa liberté. En proie, dit-on, à des souffrances physiques qui réagissaient sur lui au moral, il sem-
I . Ce» parole» »onl empruntée» à une lettre Ou due de Wellington.