‹ Histoire de la RestaurationChapitre 267 sur 325 · I.ES CENT-JOI'IIS · texte numérisé non relu

I.ES CENT-JOI'IIS

tion, et en se gardant comme un homme qui a la conscience* de sa faiblesse et de la force de l’ennemi, l’armée prussienne, supérieure presque du triple à son corps. Attardé par l’état affreux des chemins et par l’incertitude de la direction prise par Blücher, il n’avait pu faire dans l’après-midi du 17 juin que trois lieues, et il avait bivouaqué lu nuit du 17 au 18 îl Gembloux.

Il ne se remit en marche que le 18 entre cinq et six heures du matin pour Wavres 1 , situé à quatre lieues plus loin 2, et vers lequel, il ne put bientôt plus en douter, d’après les rapports du général Excelmaus, commandant l’avant-garde de sa cavalerie, Hlüchcr avait dirigé sa retraite. A onze heures et demie du . matin, il était à Sart-lez-Walhain, à une distance d’un peu moins de trois lieues de Wavres et à quatre lieues de Planchenois, où se trouvait l’extrême droite de notre armée. Vers midi, le général Gérard, qui commandait le quatrième corps, le trouva déjeunant chez le notaire du lieu5, et peu d’instants après, les officiers qui se promenaient dans le jardin vinrent annoncer qu’on croyait entendre le canon sur la gauche, vers l'ouest, dans la direction qu’avait suivie l’Empereur. La pluie fine qui tombait ayant cessé, et les nuages ayant remonté, la canonnade retentit distinctement; vers une heure de l’après-midi4

1. L’nc lellrtî de Grouchy, conservée au dépOt des archives de la guerre el adressée h Vandamme, à la date du 17 juin, marque celte heure comme devant être celle du départ.

2. Dans les Mémoiret, l'Empereur dit par erreur trois lieues.

3. On a beaucoup insisté sur une circonstance fort insignifiante en elle -même, c’est que le maréchal Grouchy mangeait des fraises au moment où le général Gérard entra dans la salle à manger du notaire du lieu, M. Ilollaert, el l’on a tiré un effet littéraire du rapprochement de ces fraises mangées par le maréchal Grouchv avec la bataille de Waterloo qui commençait en ce moment. Le maréchal Grouchy mangeait le déjeuner qu’on lui avait servi, cl il importe assci peu qu’on ait servi des Iraises ou tout autre aliment au dessert.

4. Dans presque tous les récits , particulièrement dans celui de M. de Yaulaivelle, on dil avant une heure, pour augmenter les torts du maréchal Grouchy, et quelques-uns ajoutent qu’il aurait pu arriver avant les Prussiens. Les choses sont ce qu’elles sont. Le maréchal Grouchy ne put entendre redoubler la canonnade

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