‹ Histoire de la RestaurationChapitre 269 sur 325 · WATERLOO : LES PRUSSIENS SLR NOTRE DROITE · texte numérisé non relu

WATERLOO : LES PRUSSIENS SLR NOTRE DROITE

avaient seuls paru, pendant que l’Empereur attendait vainement son lieutenant.

L’Empereur avait laissé longtemps le 6e corps défendre sa droite contre Bulow. A quatre heures, les deux premières divi- . sions prussiennes, présentant un elTectif de 16,000 hommes, étaient en ligne, et, malgré l’infériorité numérique de ses forces, le général Lobau, aidé par la cavalerie des généraux Subervic et Domon, avait arrêté cette puissante avant-garde de Blücher. Mais il n’avait pu empêcher Bulow de prolonger sa gauche sur la droite de l’armée française, dans la direction de Planchenois, et sa droite vers les hauteurs boisées d'Ohain. Cette lutte disproportionnée durait depuis une heure, lorsque les deux autres divisions du 4e corps de l’armée prussienne entrant en ligne portèrent l’effectif des forces de Bulow sur ce point à 30,000hommes. Alors la gauche des Prussiens, débordant tout à fait la droite de l’armée française, et menaçant de la tourner vers Planchenois, le général Lobau effectua lentement et en bon ordre sa retraite vers la chaussée de Charleroi. 11 était six heures quand il y arriva. La ligne d’opération de l’Empereur se trouvait menacée. 11 ordonna au général Duhesmc de marcher sur Planchenois avec les huit bataillons de la jeune garde, vingt-quatre pièces de la garde, et de se placer sur la droite du sixième corps. L’armée française présentait en ce moment l’image d'un carré attaqué sur trois faces, celles du uord, de l’est et du midi. La jeune garde, qui, réunie à ce qui restait du sixième corps, présentait une force de sept àhuit mille hommes, réussit uu momeut à arrêter les 30,000 Prussiens qu’elle avait en tète. Puis il fallut céder au nombre et se retirer dans le village de Planchenois où l’on se défendit encore quelque temps. Enfin Planchenois est emporté. Le général Pirch, venu aussi par les défilés de Saint-Lambert, commence à déboucher avec son corps de 20,000 hommes; 50,000 Prussiens vont peser sur notre liane droit.

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Daus cette situation critique, l’Empereur se décide à mettre en mouvement deux bataillons de la vieille garde et deux de ses batteries. Il a donné lui-même les ordres pour l’attaque : « On ne tirera pas un coup de fusil; on arrivera sur l’ennemi à la baïonnette. » Les tambours battent la charge ; le bataillon de grenadiers et le bataillon de chasseurs commandés par le général Morand, onze cents hommes en tout, s’élancent sur les quatorze bataillons prussiens qui occupent Planchenois et en font un effroyable carnage. En une demi-heure, onze cents chasseurs et grenadiers ont mis en déroute ces dix mille Prussiens qui laissent trois mille hommes sur le carreau. Ce qui échappe à celte terrible rencontre se réfugie au milieu des masses prussiennes sur le coteau qui s’élève en avant de Planchenois reconquis. La ligne d’opération de l’armée française est préservée. Il est sept heures du soir.

L’Empereur est enfin résolu à jeter sa dernière carte; mais qu’il est tard! Il a sur sa droite les cinquante mille Prussiens de Rulowet de Pirch, commandés par le maréchal Blücheren personne. Sur la gauche des Anglais, le général Zieten, qui, par les ordres de Blüeher, a pris la route d’Ohaiu, approche avec une division de vingt mille hommes qui va leur prête r son puissant concours*. Soixante-cinq mille Prussiens 1 2 vont donc agir de concert avec les cinquante-cinq mille Anglo-Allemands qui sont encore debout. Il n’y a plus que cinquantecinq mille Français en état de combattre contre ces cent vingt mille ennemis. Ils combattaient presque un contre un le matiu, ils vont combattre un contre deux à la fin de la journée. Les forces de la vieille et delà moyenne garde, que l’Empereur a en-

1. « Il était sept heures et demie, tout le t' corps ot une partie du second avaient été successivement engagés. Dans ce moment , les première» colonnes du général Zieten arrivèrent sur les points d'attaque qui leur avaient été désignés. » (itapport de Dlllcher.)

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