‹ Histoire de la RestaurationChapitre 270 sur 325 · WATERLOO : LE CHAMP DE FUTAILLE A SEI'T HEURES I)L SOIR · texte numérisé non relu

WATERLOO : LE CHAMP DE FUTAILLE A SEI'T HEURES I)L SOIR

core sous la main pour jouer le dernier coup de celte temble partie, s’élèvent seulement à dix bataillons de grenadiers et de chasseurs, 5,199 soldats d’élite. La jeune garde est engagée tout entière à Planehenois : deux bataillons de la vieille garde ont dû, on l’a vu, aller reprendre ce village. Un autre bataillon reste sur les hauteurs de Rossomme près d’une batterie; un quatrième bataillon vient de l'ecevoir l’ordre de se porter au bois du Chantelet, situé à cent mètres seulement de la ferme du Caillou, piemière position de l’Empereur, pour défendre notre extrême droite et notre ligne de retraite par la chaussée de Charleroi, de plus en plus menacée par la cavalerie ennemie. Les réserves de la cavalerie de la garde, engagées sans ordre depuis ti’ois heures de l’après-midi, manqueront à ce dernier effoil.

L’état du champ de bataille qui fait face à Mont-Saint-Jean est peu changé depuis six heures du soir. Au centre, Ney et Drouet d’Erlon se sont maintenus, au prix des plus grands efforts, dans la position de la Haie-Sainte ; mais l’épuisement de leur infanterie ne leur a pas permis de gagner du terrain. La division Dm’utte est parvenue, en faisant un dernier effort ordonné par l’Empereur, à s’emparer vers six heures de la ferme de la I’apelote et du hameau de la Haie. Reille continue de tii-ailler avec les défenseurs du château d’Hougoumont. La cavalerie de la garde, épuisée par trois heures de lutte, s’étonne de voir dans le lointain, sur sa di'oite, un nouveau coi’ps déboucher des bois d’Ohain : c’est la cavalerie de Zieten qui, arrivant sur le champ de bataille, remplace celle de Vivian et de Vandeleur que le duc de Wellington rappelle à lui. 11 n’y a pas un moment à perdre ; si on n’attaque point, ou va être attaqué.

Napoléon a envoyé à Ileille l’ordre de former en colonnes, vers la droite du château d’IIougoumont, les troupes du second corps dont il peut encoi'e disposer pour soutenir le raouve-

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ment offensif de la garde ; Ney concentre les bataillons du premier qui peuvent faire un suprême effort. Déjà la première colonne d’attaque de la garde est formée, elle est arrivée à la Haie-Sainte, d’où elle doit marcher vers le centre de la position ennemie, Mont-Saint-Jean : c’est Napoléon qui la conduit. Les circonstances sont si pressantes que l’Empereur n’attend même pas la seconde colonne qui se forme à un quart de lieue en arrière. Les six bataillons de la première sont formés en colonnes d’attaque par échelons rapprochés ; deux pièces chargées à mitraille sont placées dans chaque intervalle d’échelons. Ce sont donc deux mille neuf cents hommes qui vont attaquer toute une armée. Un moment avant que la charge ne sonne, l’Empereur a fait annoncer de nouveau, par le général Labédoyère, l’arrivée de Grouchy, qui attaque, dit-on, les Anglais sur leur liane gauche et les Prussiens en queue. Tout se ranime et s’ébranle à cette Nouvelle : le combat se rallume sur toute la ligne. L’Empereur, arrivé au delà de la Haie-Sainte, a remis le commandement de la colonne au maréchal Ney. Ces vaillantes troupes défilent devant Napoléon au pas de charge et au cri de vive /’ Empereur ! c’est un adieu. Napoléon, placé eu avant de la Haie-Sainte, au milieu de la chaussée, entre deux batteries qui vont appuyer l’attaque, anime sa garde du regard et du geste. 11 est sept heures et demie du soir. Le soleil, penché vers le couchant, éclaire de ses rayons cette scène suprême. Le duc de Wellington et l’armée anglaise se recueillent pour recevoir ce dernier choc. Ils ont reconnu la garde; peut-être est-ce l’Empereur en personne qui la conduit!

Le dernier acte de la bataille de Waterloo va commencer. Le duc de Wellington se hâte de terminer ses préparatifs. Sou extrême droite, qui a fait des progrès, forme, sous les ordres de lord Ilill, une ligne concave qui, dépassant son centre, prendra nos colonnes d’attaque par des feux de côtés,

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