‹ Histoire de la RestaurationChapitre 271 sur 325 · WATERLOO : LA GARDE ATTAQUE LE CENTRE · texte numérisé non relu

WATERLOO : LA GARDE ATTAQUE LE CENTRE

pendant qu'elles gravissent le plateau. Le centre a été renforcé par les divisions de cavalerie Vivian et Vandeleur, rendues disponibles par l’arrivée de la cavalerie de Zieten ; six bataillons out été placés sur le revers de la position en face de l’attaque. Près de cent pièces de canon sont en batterie, avec ordre de ne point répondre au feu de notre artillerie et de ne tirer que sur les colonnes d’attaque. La seconde ligne anglaise, établie sur quatre rangs dans le chemin creux et sur le revers du plateau, se compose des débris des régiments sabrés par la cavalerie française, des deux brigades des gardes anglaises, de la division de Brunswick et des douze bataillons du général Chassé restés seuls intacts et eu réserve. Wellington, le prince d’Orange, Hill parcourent leur ligne en jetant des paroles qui électrisent: « Tenez ferme, mes garçons, a dit Wellington à ses Anglais. Que dirait-on de nous en Angleterre si nous quittions d’ici? » Le moment est venu. Tandis qu’aux deux ailes la canonnade et la fusillade redoublent avec fureur, les six bataillons de la garde quittent la Haie-Sainte , traversent la plaine de deux cents mètres qui les sépare du centre de l’ennemi. Ils s’avancent l’arme au bras, calmes comme dans un jour de revue, sans répondre au feu de l’ennemi. Le maréchal Ney, l’épée à la main, marche à pied devant les grenadiers. Les cinq autres bataillons, disposés aussi par échelons, le suivent de près. Le silence se Lût sur le front de l’armée anglaise jusqu’à ce que les assaillants soient à portée. Alors les boulets commencent à pleuvoir sur leur front, bientôt sur leurs flancs. La garde marche toujours. Le duc de Wellington, la lorgnette à la main, suit l’effet de son artillerie sur cette troupe redoutable qu’il a prescrit de briser à coups de canon avant qu’elle n’ait atteint ses lignes. A la première décharge de l’artillerie anglaise, la forêt des longs bonnets à poil qui traverse la plaine subit, dans la partie la plus rapprochée des Anglais, ce mouvement d’ondulation qu’un grand vent im-

Page 1