I.F.S CENT— JOURS
• prime à un champ d’épis mûrs '. Le général Friant est blessé, trois cents hommes sont couchés sur le sol. Au bout d’un moment, le mouvement d’ondulation cesse ; les bonnets à poil redeviennent fixes et immobiles ; les fusils se redressent , les files se resserrent; la colonne est moins profonde, mais sans accélérer, sans ralentir son pas, la garde marche toujours. Calme et silencieuse, sans tirer un coup de fusil, sans pousser un cri, elle gravit le plateau l’arme au bras et s’approche de la première ligne. T'ne fois encore, les batteries anglaises, tirant de plus près, ont salué de leurs boulets cette cible vivante qui marche au-devant des coups. Cette fois l’oscillation à la surface des premiers rangs a été plus prononcée ; huit cents hommes sont à terre ; le général Michel est tombé au premier rang; il semble qu’il y ait un moment d’hésitation ; mais, encore une fois, les fusils se redressent, les files se resserrent ; le maréchal Ney, les généraux Porret de Morvan, Roguet, Cambronne, IIarlet,: le colonel Mallet, brandissent leurs épées; un long cri de vive l Empereur l rompt, le silence; la garde marche toujours. En marchant, elle a enlevé à la baïonnette les batteries qui la mitraillaient de face, culbuté et dispersé les troupes de Brunswick qui forment la première ligne, elle s’avance vers la seconde et dissipe en un moment les Nassau conduits par le prince d’Orange en personne. Elle arrive au point où Wellington a accumulé tous ses moyens de résistance et de destruction : les batteries qui prennent de front et d’écharpe notre infanterie d’élite, la cavalerie prête à charger. La garde est à un quart de portée de pistolet du fossé en talus que forme le chemin creux d’Ohain. Elle se déploie pour cette suprême attaque. Dans cet instant, les batteries se démasquent sur le front, sur les flancs, et commencent à tirer à mitraille; le duc de Wellington commande le feu lui-même; il a