WATERLOO LA GARDE ECHOIE
crié aux quatorze bataillons des gardes de Maitland, qu’il avait tenus jusque-là couchés: « Debout, gardes, et visez bien! » Ces feux roulants de la mousquelerie, dirigés presque à bout portant, achèvent l'oeuvre commencée par la canonnade. La garde foudroyée essaye une fois encore de resserrer ses files; mais presque tous les officiers sont morts ou blessés; le sol est jonché de cadavres; sur les deux mille neuf cents hommes qui ont commencé l’attaque, huit cents à peine restent debout. Vingt minutes ont suffi à cette œuvre de destruction. Immobiles pendant quelques moments, les survivants de cette troupe intrépide s’entre-regardent comme pour se compter, puis ils désespèrent d’enfoncer les masses anglaises avec leurs débris; la seconde colonne d’attaque, encore à deux cents mètres de distance, ne peut les appuyer. Ils se retirent eu frémissant au pied de la colline. L’attaque suprême est manquée. Pour la première fois, la garde a échoué ; il est près de huit heures ; la bataille de Waterloo est perdue.
Wellington est en communication avec le corps de Zieten, qui, ayant enlevé vers sept heures et demie la ferme de la Papelote, étend ses bataillons et ses escadrons sur la gauche des Anglais, en poussantdevant lui la division Durutte réduiteàdeux mille hommes; il aperçoit le feu des canons de Iîlücher, de Bulow et de Pirch qui, maîtres de Frichcrmont, pressent notre flanc droit et, s’élançant jusqu’à notre ligne d’opération, attaquent Planclienois et refoulent les faibles restes du sixième corps et les bataillons de la garde sur la chaussée de Charleroi à la hauteur de la ferme du Caillou. Alors il n’hésite plus à prendre à son tour l’offensive. Le signal est donné; les Anglais, un moment auparavant terrassés parles fatigues de la journée, ont retrouvé dans la perspective inespérée de la victoire qui s’ouvre devant eux leur vigueur et leur élan. Us sortent pour la première fois de la journée de leurs lignes, infanterie, cavalerie, artillerie, et poussent devant eux nos débris qui cher-