Les colonels de la garde avaient le grade de général
2. M. Fleury de Chahoulon, malgré sa partialité favorable pour Napoléon, dit lui-même : « L’Empereur, étourdi par la force et la rapidité des coups que lui portaient ses ennemis, ne songeait plus & se détendre. Il se plaignait , mais son mécontentement expirait sur scs lèvres et ne lui inspirait aucune des résolutions qu'on devait attendre de la fougue et de l'énergie d* son caractère. » (/.ri Cent- Jours, tome II, page 240.)
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qui sont les derniers à désespérer de son salut ; les demeurants opiniâtres du bonapartisme firent quelques distributions d’argent dans les faubourgs, et produisirent une agitation populaire facile à déterminer au milieu de semblables événements. Quelques bandes de ces fédérés, à l’organisation desquels l’Empereur avait opposé, on s’en souvient, une résistance si longue, vinrent , pendant la journée qui précéda son abdication et les journées qui la suivirent, l’acclamer devant l’Élysée. 11 parut devant cette foule, le visage triste plutôt que confiant, et comme inquiet de ce secours. En voyant ce qui lui restait de sympathies dans Paris, il mesurait mieux toute l’étendue des pertes qu’il avait faites. Ces pèlerinages de quelques milliers d’hommes des faubourgs à l’Élysée, leurs clameurs, les propos menaçants des militaires, épaves du naufrage de Waterloo, qui commençaient à affluer à Paris, l’attitude de Napoléon, auquel l’arrivée de Grouchy avait rendu quelque espoir, ses paroles, répétées au dehors, inquiétèrent les classes aisées, qui craignaient de voir surgir tout à coup de la situation cette jacquerie impériale dont Napoléon déclarait quelques jours auparavant ne pas vouloir être le chef. La Chambre surtout se montrait alarmée, et par conséquent exigeante auprès du gouvernement provisoire.
Dès le 21 et le 22 juin, le prince d’Eckmühl, en sa qualité de ministre de la guerre, avait été obligé de démentir à la tribune le bruit d’un mouvement militaire dirigé contre la Chambre. La continuation de ces bruits lui paraissait une offense pour son caractère. La présence de l’Empereur à l’Élysée devenait à la fois un obstacle pour le salut du pays, une difficulté poür le gouvernement intérieur de la commission provisoire, et pour les négociations ouvertes avec les coalisés , qui, ne voyant les choses que de loin, craignaient encore plus le retour de l’Empereur. Fouché, plus importuné encore que le prince d’Eckmühl du séjour de Napoléon à l’Élysée,