PROTESTATION DE NAPOLÉON
ministres anglais , telle qu’il venait de la faire , en ajoutant qu’il s’en remettait à lui pour la forme à y donner.
C’est là ce qui prête un caractère d’authenticité, sinon à toutes les expressions, au moins à la substance de la conversation qu’on vient de lire. Walter Scott en a écrit le compte rendu 1 sur le procès-verbal officiel que sir Henry Bunbury transmit à son gouvernement, pour qu’il connût les motifs qu’avait fait valoir Napoléon et pour qu’il prît un parti. Il n’avait donc pas sciemment travesti ces paroles, il les avait, autant qu’il était en lui, exactement rendues et fidèlement transmises. Ces paroles, tout étranges qu’elles soient, surtout celles par lesquelles Napoléon revendique la faculté de devenir citoyen anglais, et demande quelle est la durée du stage qu'il faut faire pour obtenir ce titre, ont d’ailleurs un mouvement, une vie, des saillies imprévues, une verve sophistique, que la relation anglaise n’a pu complètement effacer. On reconnaît le génie de Napoléon avec ses surprises, ses pointes rapides, ces coups redoublés et ce tumulte d'idées et de paroles avec lesquelles il cherchait à éblouir et à étourdir ses adversaires. Cette espèce de campagne de paroles qu'il fait contre l'amiral Keith et sir Henry Bunbury pour leur prouver qu’il peut rester eu Angleterre sans danger pour personne, et qu’il doit y rester pour l’honneur de l’Angleterre, n’est pas sans analogie avec la campagne qu’il vient de faire contre le gouvernement provisoire pour lui démontrer qu’il peut reprendre le commandement de l’armée sans reprendre le pouvoir. L’amiral Keith et sir Henry Bunbury se défendent contre cette escrime par
I. Life of NapuUun iluouujmrie , vol. IX, pages 82-89. Sir Waller S i/o II •■joule qu’il a eu l'inestimable avantage de pouvoir comparer la minute écrite par sir Henry Dunbury avec colle de M. Milko, qui accompagna lord Keilh en qualité de secrétaire; * il a dû à celte circonstance, dit-il, la possibilité do tracer le récit le plut complet et le plus evact qui ait encore paru de l'entrevue du 31 juillet. •