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PARIS, SES IMPRESSIONS A LA NOUVELLE DU 5 MARS

pour une régence impériale, la seule combinaison qui leur parût possible à cause de l’éloignement de l’Empereur *. Fouché, toujours attentif à disposer ses plans de manière à suivre le cours des événements, queis qu’ils fussent, se mettait sans doute en mesure d'être maître de la situation à Paris, dans le cas où Ilonaparte échouerait comme dans celui où il réussirait. Dans le premier cas, il suivrait sa. pensée favorite qui était d’établir l’empire sans l’Empereur, ou un gouvernement semimonarchique dans lequel les notabilités révolutionnaires auraient la haute main sous le nom du duc d’Orléans. Dans le second, il profiterait de sa position pour obliger Napoléon à compter avec lui, car il est peu vraisemblable, malgré l’opinion de quelques contemporains*, qu’un homme d'un esprit aussi positif et aussi avisé ait conçu l’espoir peu sensé d’opposer les troupes qu’il avait réussi à mettre en mouvement à celles qui suivaient l’Empereur, et d’obtenir d’elles contre Napoléon le concours que n’obtenaient pas les Bourbons.

Quand la nouvelle du débarquement de Bonaparte fut connue à Paris, la première impression ne différa pas de celle du gouvernement, il y eut un moment de stupeur. Un s’étonnait de la témérité de l’entreprise ; on mesurait du regard cette longue route de cent cinquante lieues qui sépare de Paris le littoral du golfe Juan; on comptait les difficultés et les obstacles, et les amis mêmes de Napoléon commencèrent par ne pas croire au succès. Ce fut. on l’a vu, l’impression d’un des plus fidèles

1. C’est, on l’a nu, l’opinion du comte de La Vatellc , dans ses Mémoires , tome II, page 1 48.

2. Le duc de Kotigo dit dans ses Mémoires : « L’entreprise de VI. Fouché fut manquée. Si elle avait réussi, il n’y a nul doute qu’il se serait déclaré pour le ducd’Orléans, parce que l'Empereur ne pouvant plus être laissé de côté, comme lorsqu'il était à l’ile d’Elhe, M. Fouché n’aurait pas voulu la régence qui aurait ramené naturellement l’Empereur. Celle forme de gouvernement ne pouvait lui plaire qu’autant que l’Empereur serait mort ou à Sainte-Hélène. ( Mémoires du duc de llovigo , tome VII, page 364.)

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serviteurs de l’Empire, le duc de Viceuce (Caulaincourt) ; comme celle du maréohnl Soult, ministre du gouvernement royal. La témérité, l’impossibilité de l’entreprise, voilà-cc qui frappa d'abord tous les esprits. Les espérances vinrent ensuite pour les uns, les craintes pour les autres.

L’opinion publique à Paris était vivement contraire au retour de Me d’Elbe. Elle avait pris goût aux débats du gouvernement représentatif, mais surtout et avant tout les intérêts étaient fortement attachés «à celte paix encore si nouvelle, et (pic la présence imprévue de Napoléon venait compromettre ; elle saisissait toutes les occasions de manifester ses sentiments. Les troupes formant la garnison de Paris et les treize légions de la garde nationale, y compris la légion de cavalerie, furent réunies le b mars dans la cour des Tuileries et sur la place du Carrousel. Le duc de Berry, accompagné du général Maison et d'un nombreux état-major, les passa en revue, et les acclamations des troupes sc mêlèrent à celles de la garde nationale et de la population (pii se pressait aux abords de la place. Les troupes défilèrent ensuite au bruit des mêmes cris devant le ltoi, debout sur le grand balcon. Quand le terrain resta libre, la foule fil irruption par toutes les issues, et, pénétrant dans la cour des Tuileries, elle se porta rapidement sous les fenêtres du l\oi. Toutes les têtes étaient découvertes, toutes les mains tendues ; les cris de vive le Hui se succédèrent pendant plus d’un quart d'heure sans interruption. C’était un enthousiasme qui tenait du délire. Cet enthousiasme n’avait rien de ces tlammes passagères qui brillent un moment pour s’éteindre. Chaque jour des foules immenses assiégeaient les Tuileries, avec le même empressement, la même anxiété, les mêmes clameurs. On avait ouvert des listas pour former un corps de volontaires royaux ; les inscriptions furent si nombreuses, qu’après les avoir faif recevoir aux Tuileries par les gardes dn corps, il fallut dresser des tables dans la cour pour

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