R F. VUE PASSÉE PAR LE ROI. — ENTHOUSIASME PURLIC
que chacun écrivit son nom. Dans ces premiers jours, on aurait pu mobiliser la moitié de la garde nationale. Pendant tout le temps de la crise, l'affluence de la multitude persista. Hommes, femmes, enfants, tous les Ages comme toutes les classes de la société étaient représentés dans cette foule, tour à tour enthousiaste, émue, indignée, alarmée ; c’était un cri perpétuel de vive le Roi. 1Tn contemporain, un témoin oculaire, un acteur de ces journées pleines d’une émotion passionnée 1 , a comparé , non sans raison, cette multitude qui, accourue le matin, ne quittait le château qu’à la tombée de la nuit, au chœur de la tragédie antique, mêlant ses sentiments, ses passions, ses joies, comme ses tristesses et ses larmes, à l’action du drame. Parfois des nouvelles qui naissaient et circulaient dans ces multitudes les exaltaient jusqu’au délire : Bonaparte avait été tué; — il s’était enfui ; — non, il était prisonnier et on l’amenait dans une cage de fer. Puis, si quelque ministre, si quelque personne attachée au château venait à paraître à une croisée, les plus proches l’interrogeaient, et sur une réponse négative qui détruisait celte espérance, la joie tombait, les clameurs s’éteignaient peu à peu dans un morne silence.
Les manifestations des corps constitués n’étaient ni moins vives, ni moins promptes à se produire, en attendant l’arrivée des Chambres. Dès le 8 mars, le corps municipal de Paris votait une adresse dans laquelle il disait : « Depuis le retour de Votre Majesté, la France commençait à respirer ; la liberté publique et particulière assurée par une Charte solennelle , le crédit renaissant, nos ports rouverts au commerce, les bras rendus à l’agriculture, la certitude de la paix donnée à l'Europe, tout garantissait à notre pays le bonheur qu’il n’a connu que sous vos ancêtres. Et c’est le moment que cet étranger