‹ Histoire de la RestaurationChapitre 4 sur 325 · I . Ce fait est relaie1 dan* le* Mémoires du duc de Üovitjo · texte numérisé non relu

I . Ce fait est relaie1 dan* le* Mémoires du duc de Üovitjo

HETOl'R PF. l/lLF. D’ELBE

Tandis que Louis XVIII payait ainsi à la mémoire de Louis XVI et de Marie-Antoinette ce tribut de deuil et de regrets légitimes, et (jue la très-grande majorité du public s’associait à ces manifestations, les révolutionnaires s’en indignaient. Rien n’est plus susceptible que le remords. Ceux qui avaient trempé leurs mains dans le sang de Louis XVI et de Marie- Antoinette regardaient les honneurs rendus à leur mémoire comme une injure dirigée contre les régicides. Au lieu de comparer la mansuétude de la restauration des Bourbons aux sanglantes représailles de la restauration des Stuarts, ces hommes se plaignaient qu’on ue fût pas sans regrets pour ceux envers lesquels ils avaient été san; pitié.

Déjà commençaient à se former contre la Restauration deux centres d’hostilité qui, avec des intérêts différents, des passions distinctes, des buts séparés, devaient se trouver réunis par la haine commune de la maison de Bourbon. Le premier de ces centres recrutait des adhérents parmi les hauts fonctionnaires de l’Empire, qui regrettaient leur influence et leurs grandes situations perdues. Les salons de la reine Hortense, à qui Louis XVIII avait accordé, avec le titre de duchesse de Saint-Leu, l’autorisation de résider à Paris, était le quartier général de ce mouvement. Là se réunissaient des hommes qui, la veille encore, avaient la main dans les affaires, et qui par conséquent conservaient des relations nombreuses dans l’administration, et les femmes les plus brillantes de l’ancienne cour impériale , habiles à se servir de l’influence qu’elles avaient gardée sur l’esprit des officiers les plus jeunes et par conséquent les plus ardents. Les communications de la duchesse de Saint-Leu avec l’ile d’Elbe étaient fréquentes. C’était surtout sur l’armée que l’on comptait dans ce centre d’action. Rien n’était omis pour entretenir et raviver les souvenirs de l’Empire dans les régiments, pour exalter les imaginations en rappelant aux soldats leurs victoires passées et leurs récents

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