‹ Histoire de la RestaurationChapitre 5 sur 325 · CENTRES D’HOSTILITÉ CONTRE LES BOIRBONS · texte numérisé non relu

CENTRES D’HOSTILITÉ CONTRE LES BOIRBONS

malheurs, et en comparant leur ancien état à leur état actuel. Là, toutes les mesures prises par la Restauration étaient critiquées, travesties; les paroles imprudentes ou équivoques étaient commentées et envenimées. Les écrivains naguère à la solde de la police impériale s’employaient à cette œuvre de dénigrement, et l’on répandait dans les garnisons les publications clandestines tombées de leur plume venimeuse. Ce n’était pas précisément un complot tramé pour accomplir à jour lise un plan arrêté; c’était un foyer d’intrigues et de mécontentements où tout se préparait pour agir à un signal donné.

L’autre centre d’hostilité, qui aboutit de bonne heure à une conspiration caractérisée, se formait surtout sous l'influence des hommes de la première révolution, à qui la chute de l’Empire avait rendu leurs ambitions et leurs espérances que la Restauration n’avait pas assouvies. Deux personnages séparés par leurs idées , leurs sentiments , leur caractère , mais sur le front desquels le 21 janvier 1793 avait laissé la même date écrite en lettres sanglantes, Carnot et Fouché, présentaient la double expression de ce mouvement. Au fond, le grief que ces deux hommes si dissemblables avaient contre la monarchie était le même : c’était de ne pas les avoir rendus possibles. Seulement Carnot, qui était un homme d’idées et de convictions politiques, rêvait un gouvernement constitutionnel devant lequel les régicides n’auraient pas à rougir, et qui étendrait les libertés écrites dans la Charte, car l’ancien membre du comité de salut public avait assez peu de mémoire pour trouver trop peu étendues les libertés apportées par la Restauration. Fouché, qu’on a assez bien défini en l’appelant un athée intrépide, car la peur était presque le seul des mauvais sentiments de la nature humaine qui manquât à cette nature perverse, n’était guidé en politique que par ses intérêts ; les idées et les convictions n’existaient point pour ce sceptique. Le tort de la Restauration à ses yeux, c’était donc d’avoir refusé, malgré

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