‹ Histoire de la RestaurationChapitre 6 sur 325 · RETOUR DE I.’|LE D'ELBE · texte numérisé non relu

RETOUR DE I.’|LE D'ELBE

les instances de M. de Talleyrand, de descendre jusqu’à son habileté régicide. Il voulait la renverser pour la remplacer par un gouvernement quel qu’il fut, pourvu que ce gouvernement fût à la portée de son ambition. Seulement, comme il faut une force pour renverser et pour édifier un gouvernement, il s’appuyait sur les idées constitutionnelles et libérales auxquelles la promulgation de la Charte et la pratique si nouvelle du gouvernement représentatif avaient donné l’essor. La portion la plus avancée et la plus violente du parti constitutionnel trempait dans cette conspiration, qui n’était au fond que le projet de substituer la Constitution du Sénat à la Charte de Louis XYI1I :avec Louis XVIII s’il voulait accepter la situation subalterne réservée à la royauté dans cette combinaison ; avec le duc d’Orléans ou tout autre si Louis XVIII entreprenait de résister aux conjurés.

Comme il faut dans toutes les conspirations une force matérielle pour frapper le coup décisif, les conjurés s’en étaient ménagé une par leur entente avec un certain nombre de généraux dont quelques-uns, fatigués dë l’Empereur et mécontents de Louis XVIII, aspiraient à renverser le second sans ramener le premier. C’étaient le comte Drouet d’Erlon, commandant la division militaire de Lille, le comte Lefèvre-Desnouettes, commandant l’ancien régiment des chasseurs de la garde impériale, et les deux frères Lallemand, l’un général d’artillerie, l’autre commandant du département de l’Aisne. Le moment fixé pour l’explosion était le 1er mai 1815 , jour de l’ouverture des Chambres. Les chefs militaires devaient à cette époque marcher sur Paris et obliger Louis XVIII à accepter les conditions qui lui auraient été imposées, et, sur son refus, le reconduire à la frontière et proclamer le roi de Rome ou obliger le duc d’Orléans à régner. La force exécutive de la conspiration, c’est-à-dire les chefs militaires inclinaient vers la première combinaison, les conspirateurs civils vers la seconde.

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