DÉCLARATION DES II LIT PUISSANCES. J
Napoléon Bonaparte hors des relations civiles et sociales , en ajoutant que, « comme ennemi et perturbateur du repos du monde, il s’était livré à la vindicte publique. » La déclaration se terminait en exprimant la ferme conviction que le concours promis par l’Europe « serait superflu, et que la France entière, se ralliant autour de son souverain légitime, ferait incessamment rentrer dans le néant la dernière tentative d’un délire criminel et impuissant. »
M. de Talleyrand partageait cette opinion , car il écrivait à la date du 12 mars à Louis XVIII : « Votre Majesté a donné sans doute l’ordre de faire marcher des troupes dans le Midi. Si j’osais exprimer un avis sur le chef qu’il me parait le plus utile de leur donner, j'indiquerais le maréchal Macdonald comme étant un homme d’honneur à qui on peut se lier, comme ayant la confiance de l’armée, et parce qu’ayant signé pour Bonaparte le traité du 1 1 avril, son exemple en a plus de poids quand il marche contre lui. »
Pendant que M. de Talleyrand désignait ainsi Macdonald à Louis XVIII qui avait devancé son avis, et que l’Europe entière prononçait une excommunication politique contre Napoléon, celui-ci, sorti vainqueur d’une première épreuve à Grenoble et d’une seconde à Lyon , avait vu fuir devant lui Macdonald qui, ne pouvant conserver au Roi la fidélité des soldats confiés à son commandement, avait sauvegardé son honneur en maintenant sa propre fidélité envers, malgré et contre tous. Le 13 mars, vers midi, Bonaparte quittait Lyon. A trois heures, il était arrivé à Villefranche avec le bataillon de l’ile d’Elbe et le 7e de ligne ; le soir il couchait à Mâcon.
Le gouvernement royal, que les événements de Lyon avaient d’abord consterné, reprenait, en présence des Chambres, cette activité stérile ffes pouvoirs qui tombent en cherchant à se cacher, par la multiplicité des choses inutiles qu’ils font, leur inaptitude ou leur impuissance à faire la seule chose efficace.
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RETOUR DE l’|LE D’ELBE.
Le Roi donnait à tous l’exemple du calme. 11 avait eu après l’entrée de Bonaparte à Lyon trois jours d’anxiété, puis il avait pris son parti, et se préparait à subir les événements, quels qu’ils fussent, avec cette gravité imperturbable qui faisait partie, h ses yeux , de la dignité royale. Il craignait les émotions et les évitait, et par-dessus tout il voulait tomber en roi, sans se débattre contre une situation qui commençait à lui apparaître comme plus forte que lui. Les ministres expédiaient les affaires de leur département, et cherchaient à satisfaire l’opinion et les Chambres, se rassurant à demi au bruit des adresses de dévouement qui continuaient à affluer de tous les points du royaume. Le Moniteur en était encombré '. Ce n’étaient pas seulement les administrations municipales, les tribunaux, tous les corps constitués, mais tous les régiments, tous les gouverneurs militaires, les généraux , les officiers à demi-solde qui renouvelaient au Roi leur serment de vivre et de mourir pour lui. Jamais il ne fut plus parlé d’honneur et de fidélité que dans cette époque où la fidélité et l’honneur devaient recevoir des atteintes si profondes.
Pour satisfaire l’opinion qui voyait partout des conspirateurs, et les salons qui accusaient M. Dandré d’impéritie, on rétablit , le 14 mars, la préfecture de police de Paris, et on la conlia à M. de Bourrienne; cet ancien camarade de Bonaparte à Brienne, plus tard secrétaire de l’Empereur, était devenu depuis son ennemi personnel *. La direction générale de la police, c’était désormais une sinécure, demeura au baron Dandré : on lui reprochait de n’avoir rien prévu , et il ne pou-
1. Voir les numéros du Moniteur (les 10, II, 12, 13, M, 15, 10, 17, 18 et 1 9 mari.
2. L'ordonnance qui nommait M. «le Bourdonne était ainsi conçue : • Sa Majesté, prenant en considération la multiplicité des occupations de M. le directeur général de la police, adécidé de rétablir la place de préfet de police de Paris; elle a nomm '■ à cette place M. de Bourrienne. » Celte ordonnance, datée du 1 i mars, fut insérée dans le Moniteur du 15.