‹ Histoire de la RestaurationChapitre 59 sur 325 · SÉANCE DC 16 MARS : DISCOURS DU KOI AUX CHAMDRES · texte numérisé non relu

SÉANCE DC 16 MARS : DISCOURS DU KOI AUX CHAMDRES

Le Roi salua l’assemblée, s’assit, et le silence se fît dans la salle quand son regard, s’abaissant majestueusement sur l’assemblée, annonça qu’il voulait parler. Voici son discours :

« Messieurs! dans co moment de crise où l'ennemi publie a pénétré dans une partie de mon royaume et menace la liberté de tout le reste, je viens au milieu de vous resserrer encore les liens qui, vous unissant avec moi, font la force de l’Etat ; je viens, en m'adressant à vous, exposer à toute la France mes sentiments et mes vœux.

« J'ai revu ma patrie ; je l'ai réconciliée .avec les puissances étrangères qui seront, n’en doutez pas, fidèles aux traités qui nous ont rendus à la paix ; j'ai travaillé au bonheur de mon peuple; j'ai recueilli , je recueille tous les jours les marques les plus touchantes de son amour : pourrais-je, à soixante ans, mieux terminer ma carrière qu’en mourant pour sa défense?

« Je ne crains donc rien pour moi, mais je crains pour la France. Celui qui vient allumer parmi nous les torches de la guerre civile y apporte aussi le fléau de la guerre étrangère; il vient remettre notre patrie sous son joug de fer; il vient enfin détruire cette Charte constitutionnelle que je vous ai donnée, cette Charte, mon plus beau titre aux yeux de la postérité, cette Charte que tous les Français chérissent et que je jure ici de maintenir.

« Rallions-nous donc autour d'elle ! Qu'elle soit notre étendard sacré! Les descendants d'Henri IV s’v rangeront les premiers; ils seront suivis de tous les bons Français. Enfin, Messieurs, que le concours des deux Chambres donue à l’autorité toute la force qui lui est nécessaire, et cette guerre vraiment nationale prouvera, par son heureuse issue, ce que peut un grand peuple uni par l'amour de son roi et delà loi fondamentale de l’Etat. »

Au moment où Louis XVIII cessa de parler, les cris de vive le Roi recommencèrent avec une nouvelle force au milieu des larmes de l’assemblée, à la fois électrisée et émue. Tout le monde était debout, les mains étendues vers le trône, comme pour renouveler le serment de fidélité au Roi. On n’entendait que ces mots : « Vive le Roi ! mourir pour le Roi ! Le Roi à la vie à la moft ! » répétés avec transport par les députés, les pairs et les spectateurs des tribunes, dont les acclamations se con-

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