‹ Histoire de la RestaurationChapitre 68 sur 325 · DERNIÈRES JOURNÉES DE LA PREMIÈRE RESTAURATION · texte numérisé non relu

DERNIÈRES JOURNÉES DE LA PREMIÈRE RESTAURATION

Les troupes réunies à Auxerre formaient quatre divisions. L’infanterie fut embarquée sur l’Yonne, de manière à pouvoir arriver à Fontainebleau dans la matinée du 20 mars. Napoléon monta en calèche le 18 mars pour se rendre à cette résidence. 11 avait dans sa voiture les généraux Bertrand et Drouot ; quelques officiers l’accompagnaient à cheval, dans la crainte qu’en approchant de Paris il ne courût le danger d’être enlevé.

DERNIÈRES JOURNÉES. -LE ROI QUITTE PARIS ET LA FRANCK. NAPOLÉON A PARIS.

Les précautions prises par les impériaux étaient presque inutiles , la confusion et l’épouvante étaient à Paris ; la défection sur la route de Paris à Auxerre. Depuis l’événement de Lons-le-Saulnier, il n’y avait plus aucun fond à faire sur les troupes ; on envoyait à Napoléon celles qu’on dirigeait contre lui1. Chaque heure, presque chaque minute aggravait cette situation. La stupeur, le. trouble, l’incertitude sur les faits, l’hésitation et la controverse sur les mesures à prendre , la défiance contre les hommes, le découragement dans les choses, tous les sentiments qui précèdent, accompagnent ou précipitent les catastrophes, régnaient dans les conseils du gouvernement. Le ministère cachait au public les événements de Lons-le-Saulnier a, mais il ne pouvait se les cacher à lui-même.

■ I. Papiers politiques de M. de Illaoas.

2. Le Moniteur du 1 9 mars publiait nous la date du I S le* phrases suivantes : « Bonaparte, qui est parti d'Aulun le 10, eonlinue à répandre sur sa route le mensonge et la corruption , l'appel au parjure et la calomnie. TanlAl II accuse l'honneur des maréchaux dont la loyauté est la plus connue et la mieux assurée. Cl dont il ose publier de prétendues proclamations ; tantôt il débite les fables les plus absurdes, telles que le départ du Roi de Paris et le soulèvement de la

RETOUR DK L’iLE d'ELBE.

Depuis la soirée du 16, ou au plus tard dans la matinée du 17 mars ', il avait appris la défection du maréchal Ney par le comte de Soran, aide de camp du comte d’Artois, qui revenait de ses terres de Franche-Comté. 11 prenait, à tout événement, les dernières mesures qui pouvaient être prises. Le général comte Maison, commandant la première division militaire , donnait l’espoir que l’armée formée sous Paris tiendrait contre Bonaparte. Appelé plusieurs fois dans le conseil, il avait garanti sur sa tête que les troupes feraient feu. « Je sais bien comment on les engage, s’était-il écrié ; on arrache le fusil du premier grenadier, on fait feu, et il n’y a personne qui s’y refuse. » Le général Dessoles parlait dans le même sens. Mais on commençait à douter de l’exactitude de ses renseignements, depuis que la renie de la garde nationale parisienne avait fourni si peu de volontaires, au lieu du tiers des hommes présents sous le drapeau qu’il avait promis.

Le 18 mars, le Roi adressa une nouvelle proclamation à l’armée : « Officiers' et soldats, disait-il , j’ai répondu de votre fidélité à toute la France, vous ne démentirez pas la parole de votre Roi ; songez que si l’ennemi pouvait triompher, la guerre civile serait aussitôt allumée parmi nous, et qu’à l’instant même plus de trois cent mille étrangers fondraient de tous les côtés sur notre patrie. Vaincre ou mourir pour elle, que ce soit là notre cri de guerre. Et vous qui suivez, en ce moment, d’autres drapeaux que le mien , je ne vois en vous que des enfants égarés. Abjurez donc votre erreur, et venez vous jeter

capitale. Ailleurs il essaye de faire circuler le bruit qu’il est appuyé par quelqu'une de ces mêmes puissances qui ont déjà prononcé son arrêt, et qui, en ce momenl, oubliant au congrès les discussions personnelles dont elles s'étalent préoccupées , se réunissent toutes dans la seule pensée d'écraser l’ennemi de* nations et le Oéau de l'humanité. ■

I. Les Mémoirei inédits du baron de Vilrolles indiquent la date du IC mars au soir. La dalc donnée parla relation rédigée au nom du Roi pourlcs puissances est cello du 11 mars. ( Papitri politique! de M. de Blacas.)

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