‹ Histoire de la RestaurationChapitre 73 sur 325 · I . Madame RiVamlor · texte numérisé non relu

I . Madame RiVamlor

RETOUR DE l'ILE D’ELBE.

viendrions la risée de l’Europe après en avoir été la terreur; nous reprendrions un maître que nous avons nous-mêmes couvert d’opprobre ; notre esclavage n’aurait plus d’excuses, notre abjection plus de bornes; et du sein de cette abjection profonde qu’aurions-nous à dire à ce Roi que nous aurions pu ne pas rappeler, car les puissances voulaient respecter l’indépendance du vieil national, à ce Roi que nous avons attiré par des résolutions spontanées sur la terre où déjà sa famille avait tant souffert? Lui dirions-nous : Vous avez cru aux Français; nous vous avons entouré d’bommages et rassuré par nos serments; vous avez quitté votre asile, vous êtes venu au milieu de nous, seul et désarmé; tant que nul danger n’existait, tant que vous disposiez des faveurs de la puissance, un peuple immense vous a étourdi par ses acclamations bruyantes. Vous n’avez pas abusé de son enthousiasme. Si vos ministres ont commis beaucoup de fautes, vous avez été noble, bon, sensible; une année de votre règne n’a pas fait répandre autant de larmes qu’un seul jour du règne de Bonaparte. Mais il reparaît sur l’extrémité de notre territoire, il reparaît, cet homme teint de notre sang et poursuivi naguère par nos malédictions unanimes. 11 se montre, il menace, et ni les serments ne nous retiennent, ni votre confiance ne nous attendrit, ni la vieillesse ne nous frappe de respect! Vous avez cru trouver une nation , vous n’avez trouvé qu’un troupeau d’esclaves. Parisiens, tel ne sera pas votre langage, tel ne sera pas du moins le mien. J’ai vu que la liberté était possible sous la Monarchie; j’ai vu le Roi se rallier à la nation. Je n’irai pas, misérable transfuge, me .traîner d’un pouvoir à l’autre, couvrir l’infamie par le sophisme et balbutier des mots profanes pour racheter une vie honteuse ! »

C’était par cette ardente prosopopée que la liberté de la presse, cette nouvelle venue dans notre gouvernement , prenant corps à corps son grand ennemi, répondait aux proclamations

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