I.F. DUC DE BOURBON yl'ITTE L’oi EST
partir de Beaupréau dans la nuit du 24 au 25 mars 1815, à deux heures du matin, le jour même de Pâques : le château •le Beaupréau, appartenant à la maréchale d'Aubeterre, resta gardé jusqu’à dix heures du matin comme si le prince y eût encore été. Les passe-ports arrivèrent dans la matinée, apportés par un chef d’escadron de gendarmerie, et la suite se mit alors en route. Conduit de château en château par des serviteurs dévoués qui ne le faisaient voyager que de nuit, le duc de Bourbon arriva le 29 au soir au château de Hibaudière, auprès de Nantes, près de la fonderie d’indret, et le 31 mars un bateau le transporta dans la rade de Paimbauf, où il s’embarqua sur un bâtiment portugais. Son départ fut si secret que six semaines plus tard, le gouvernement impérial le faisait encore chercher. Avant de quitter la France, le duc de Bourbon exprima au général d’Andigné sa résolution de reparaître en Vendée dès que les Vendéens auraient pris les armes. 11 lui donna des pouvoirs qui s’étendaient, sur la rive droite, aux départements de Maine-et-Loire, de la Mayenne, de la Sarthe, de la Loire-Inférieure, et aux départements adjacents; mais il lui prescrivit , en même temps , de ne rechercher personne pour ses opinions, *et de ne pas imposer les biens nationaux plus que les autres. Le général d’Andigné représenta an prince que de tels ordres l’empêcheraient de rien faire d’important: c’était, en effet, lui fermer les greniers où il avait coutume de puiser et lui enlever le secours de la passion politique, c’est-àdire l’aliment le plus puissant des guerres civiles. Toutefois le prince ayant réitéré ses ordres au nom du Roi, le chef vendéen promit de s’y conformer scrupuleusement 1 .
Ainsi tombait) l’obstacle le plus considérable que pût rencontrer le retour de Napoléon, la résistance de la Vendée militaire. On put croire à Paris les populations de l’Ouest soumises;