‹ Histoire de la RestaurationChapitre 98 sur 325 · yUmoirtt inédit* ilu (rendrai d’Andigné · texte numérisé non relu

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elles n’étaient qu’étonnées. Mais le plan delà défense de la rive gauche de la Loire n’en était pas moins déconcerté.

Madame la duchesse d’Angouléme , avec son grand cœur, n’en continuait pas moins à faire à Bordeaux tout ce qu’il était humainement possible de faire pour honorer nu moins les nouvelles infortunes de sa maison. Elle pressait l’organisation des volontaires, entretenait une active correspondance avec M. de Yitrolles, qu’elle conjurait de presser le départ des secours promis au duc d’Angouléme , et cherchait à soutenir la fidélité des troupes par de fréquentes revues. Mais déjà cette lidélité fléchissait. Le lendemain du départ de M. de Yitrolles pour Toulouse, c’est-à-dire le 26 mars, les troupes, parmi lesquelles le bruit des projets de licenciement et même de désarmement avaient circulé , parurent avec leurs shakos généralement dépouillés des plaques aux armes royales. C’était comme une transition entre leur serment de la veille et celui du lendemain; il semblait qu’ayant déjà cessé d’être au Roi , elles devenaient plus libres de passer à l’Empereur. Ces dispositions des troupes frappaient d'impuissance toutes les mesures essayées. Les généraux n’étaient plus maîtres de leurs soldats; ils perdaient leur confiance dans le droit du commandement, en même temps queceux-ci perdaient le sentiment du devoir de l’obéissance. Le changement qu’on avait projeté dans la garnison de Ulaye ne put être effectué. Le commandant de la garnison refusa, sous un prétexte plus ou moins plausible , de recevoir les gardes nationaux qu’on lui envoyait, et le bataillon de troupes de ligne qui devait sortir de cette ville pour se rendre à Libourne ne voulut point partir. On apprit en même temps que le général Clausel , nommé par l’Empereur commandant de la onzième division militaire, se dirigeait vers Bordeaux.

En apparence , il n’avait aucun moyen de s’en emparer. A son départ d’Angoulême, le 28 mars, il n’était suivi en effet que de deux aides de camp , et la duchesse d’Augouléme , qui

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