‹ Histoire de la RestaurationChapitre 177 sur 193 · XI · texte numérisé non relu

XI

Les routes qui conduisaient de la capitale à l'armée étaient attentivement surveillées alors par les espions du gouvernement royal et des puissances alliées. Le moindre mouvement de ces troupes pouvait compromettre la paix et déchirer la France en deux patries. Les relations des généraux avec les foyers d'opinion dans la capitale étaient trop importantes pour ne pas être éclairées.

Labédoyère rencontra dans la voiture un de ces agents de la surveillance du gouvernement, qui s'y trouvait, soit par hasard, soit par intention, et qui cachait, sous l'insouciance apparente d'un voyageur affairé, la mission d'observation dont il était chargé. La figure martiale, mélancolique, fière et pensive du jeune général, contenait trop de préoccupation et de mystère pour échapper au regard scrutateur d'un homme dont la profession était de lire dans la physionomie des hommes. Plus le visage se voile, plus il révèle l'énigme de l'âme et provoque à la deviner. Le silence même de Labédoyère et ses lèvres fermées sollicitaient davantage la curiosité de son compagnon de voyage, qui parut laisser éclater lui-même, comme malgré lui, quelques exclamations involontaires

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