LIVRE VINGT-NEUVIÈME. G
goeiations de partis, appelait évidemment ce prince à pacifier et à préserver une seconde fois le sol des représailles de l'Europe. Rien ne résistait à ce courant général de l'opinion et du bon sens en France. Le nœud du 20 mars se dénouait partout de lui-même à l'approche du roi. A Paris seulement, centre de toutes les intrigues et de toutes les factions napoléoniennes, orléanistes, militaires ou parlementaires, il y avait quelque difficulté de le trancher.
La Fayette, Sébastiani et Laforêt, plénipotentiaires nommés par Fouché pour aller suivre aux quartiers généraux des puissances une ombre de négociation dont nous avons dit plus haut le sens, n'obtenaient que des égards évasifs et des ajournements. A Haguenau, séjour momentané des deux empereurs et du roi de Prusse , ces souverains avaient éludé les audiences qu'ils avaient demandées, M. de La Fayette, qui comptait sur son nom et sur quelques relations directes qu'il avait eues chez madame de Staël, l'année précédente, avec l'empereur Alexandre, tenta en vain de raviver ces souvenirs pour attirer l'empereur de Russie dans je ne sais quelle cause mal définie d'empire modifié ou de royauté altérée par l'illégitimité de la couronne. Alexandre refusa de le voir. Les souverains se bornèrent à nommer des commissaires devant lesquels les plénipotentiaires français seraient admis à présenter leurs bases de négociation. Ces conférences, qui n'étaient qu'un jeu pour Fouché, n'étaient
qu'une complaisance sans portée aussi de la part des puissances. Elles se passaient en vaines conversations. On parla pour le trône de France de Napoléon II , du duc d'Orléans, du prince d'Orange, du roi de Saxe. Ces chimères du parti bonapartiste, qui cherchait seulement à ne pas recevoir un démenti complet de la révolution du 20 mars, n'obtinrent pas même l'honneur d'une sérieuse réfutation. S'il était humiliant pour le parti bonapartiste ou ennemi des Bourbons de recevoir de nouveau Louis XVIII, imposé par la nécessité et par la victoire, mais accepté par le sentiment de la majorité du peuple, il était mille fois plus honteux de solliciter de la complaisance des souverains vainqueurs de Bonaparte un prince étranger et inconnu de la patrie. M. de La Fayette et M. de Laforêt montrèrent dans ces conférences aussi peu de sens politique que de véritable esprit national. Sébastiani parut plus intelligent de la force et de la convenance des circonstances, a Le peuple français, dit-il, » est libre toujours de son choix; il n'a rien prononcé, » il ne demande que paix et rétablissement de bons rap- » ports entre lui et l'Europe. » Les conférences, après ces courtes divagations de paroles, furent rompues par le commissaire anglais, qui déclara, de concert avec les autres puissances, qu'il n'avait aucun pouvoir pour rien stipuler.
Lord Wellington répondit avec plus d'égards, mais avec plus de franchise , à ceux des plénipotentiaires qui avaient été dirigés sur son quartier général et sur celui de