‹ Histoire de la RestaurationChapitre 65 sur 193 · LIVRE TRENTIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTIEME

Jugement sur les cent-jours. — Entrée de Louis XVIII dans Paris. — Discours de M. de Chabrol. — Réponse de Louis XVIII. — Louis XVII l à Paris. — Acclamations de la population. — Situation politique du roi.

— Attitude de Fouché. — Ordonnances de réorganisation de la pairie et de convocation de la Chambre des députés. — L'armée de la Loire.— Ordres du jour du maréchal Davoust. — Soumission de l'armée à Louis XVIII. — L'armée prend le drapeau blanc. — Bliicher veut faire sauter le pont d'Iéna. — Dévastation du Musée et des bibliothèques. — Violences des Prussiens. — Réquisitions. — Enlèvement des préfets. — Impôts de guerre. — Occupation de Paris et de la France par les armées alliées. — Licenciement de l'armée de la Loire. — Remplacement du maréchal Davoust par le maréchal Macdonald. — Négociations diplomatiques chez lord Castlereagh. — Ultimatum des puissances. — Éloignement de Louis XVIII pour M. de Talleyrand. — Cour de Louis XVIII.

— Sa famille. — Faveur de M. Decazes. — M. Decazes. — Son portrait.

— Retour sur sa vie. — Son entrevue avec le roi. — Rapport de Fouché,

— Proscriptions. — Faiblesse du roi.

Ainsi finirent les cent-jours du second Empire de Bonaparte, commencé par une descente, les armes à la main et en pleine paix, sur le rivage de la patrie, triomphant par l'embauchement et par la sédition de l'armée, flétri par la trahison de quelques chefs, poursuivi à travers l'humble soumission de la nation aux soldats, affaibli par l'indifférence ou la désaffection des bons citoyens , ruiné par la défaite de Waterloo et par l'anéantissement de cette armée héroïque, par l'hésitation de Napoléon et par

son abdication trop tôt ou trop tard accordée à la pression des chambres, exploité et vendu aux Bourbons, sans conditions pour la liberté, par l'ambition de Fouché et par l'inertie de ses collègues; terminé enfin par une seconde invasion de l'Europe et par l'asservissement temporaire du sol de la patrie à l'étranger.

Tel fut ce second Empire. Tel fut pour la France le résultat de cet attentat de son ancien chef contre son repos, son indépendance et sa sûreté. Napoléon, en le tentant , montra peu de sollicitude pour le sort de sa patrie compromise dans sa cause , peu de soin de sa renommée qui n'avait qu'à perdre, peu de connaissance de l'histoire qui ne se recommence jamais. Son débarquement à Cannes et sa marche sur Paris furent héroïques et triomphales, mais c'était l'héroïsme de la personnalité et le triomphe de la sédition. Les préparatifs de guerre furent mous , indécis , embarrassés par cette hésitation entre le rôle de dictateur et le rôle de prince constitutionnel, restaurateur de la souveraineté du peuple. La campagne fut hardie, la bataille désespérée, mais successive, morcelée, sans unité et sans éclair de génie. En ne risquant pas tout , comme le conseillaient Ney et la circonstance, il perdit tout. La défaite le détrônait, à la fois, à la frontière et dans sa capitale. Ses menaces à l'Assemblée des représentants furent téméraires; ses concessions, forcées; sa résignation de l'empire, humiliante; sa retraite à la Malmaison, inexplicable pour un homme qui connaissait la fortune; ses offres de reprendre des services, puériles; sa fuite vers la mer, tardive; son embarquement, suspendu pour attendre l'impossible un pied sur l'Océan, chimérique; sa reddition sur un vaisseau ennemi sans

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