‹ Histoire de la RestaurationChapitre 66 sur 193 · livre Trentième. m · texte numérisé non relu

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avoir fait ses conditions, folle; sa captivité, écrite d'avance. Tout est marqué pour lui, pendant cette période de sa vie, d'un signe de décadence et d'aveuglement, excepté sa marche sur Paris , la plus intrépide et la plus personnelle de ses campagnes. Il se précipitait, sans regarder devant lui, ni derrière lui, vers le trône. Dès qu'il l'eut atteint, il fut pris du vertige des difficultés qu'il avait affrontées, et il se précipita pour en descendre. Ce caprice d'ennui , d'héroïsme et d'ambition de Napoléon , coûta à la France plus de deux milliards d'armements, de tributs, d'indemnités de guerre à l'Europe; l'insurrection , premier et fatal exemple de son armée contre les lois ; l'honneur de ses généraux et de ses maréchaux oubliant leurs serments à la patrie pour leur concession à contre-cœur à la popularité militaire d'un homme, la dernière armée aguerrie qui lui restait après l'invasion de 1814, sa renommée de nation invincible sur le champ de bataille, le prestige de sa gloire, ses frontières rétrécies par Fépée des vainqueurs, son sol envahi, ses villes à merci, sa capitale profanée, ses monuments spoliés par des représailles, ses provinces et ses places fortes occupées trois ans jusqu'à l'acquittement de sa rançon, enfin le licenciement et le désarmement des restes de Waterloo ! Il coûta de plus, au gouvernement des Bourbons qui allait succéder à ce désastre, l'indépendance, la liberté et la popularité du trône, qu'on accusa à tort des conséquences du crime de cette seconde invasion. 11 fallait une grande soif on un grand courage de régner dans le roi pour aborder un trône et un peuple ensevelis sous tant de ruines !

Jamais peut-être il n'y eut dans l'histoire de France

une époque plus désespérée , plus humiliante et plus douloureuse pour la patrie que ces cent-jours et l'époque qui les suivit immédiatement. Patrie, monarchie, liberté, probité de l'armée, patriotisme du peuple, caractère des Chambres, fortune publique, gloire des armes; tout souffrait, même l'honneur national. Leçon terrible aux soldats qui osent tout, et plus terrible aux peuples qui laissent tout oser contre eux à ces tribuns de gloire! La France ne s'était pas fait respecter par son armée au 20 mars. L'armée et la France payaient leur faute, l'une par la perte de son sang et de sa domination, l'autre par la perte de sa dignité et de son indépendance. Il n'y avait qu'à pleurer sur la patrie.

C'est dans ces lugubres circonstances que le roi rentrait dans Paris. Aussi, soit pudeur pour son peuple, soit crainte de ses ministres de susciter une émotion desespérée et de laisser courir au roi des dangers personnels par les balles , ou par les poignards du dernier fanatique de l'Empire, on ne fit annoncer son entrée dans la capitale, par le canon des forts et des troupes étrangères , qu'au moment où il traversait déjà les faubourgs et les boulevards pour se rendre à son palais. M. Decazes, redoutant le faubourg Saint-Denis , qui avait été avec le faubourg Saint-Antoine un des foyers les plus tumultueux des fédérés, avait conseillé au roi d'entrer par Clichy à la chute du jour.

a Non , » — répondit Louis XVIII , faisant allusion à

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