LIVRE TRENTIEME
constance sa force contre l'étranger, contre son propre parti et contre son frère, comme il ne l'avait pas assez sentie à Arnouville en prostituant l'autorité royale à Fouché. Le roi était l'homme nécessaire pour l'Europe , pour la France, pour les royalistes eux-mêmes. Il devait le comprendre , et il n'avait pour le démontrer à tous qu'à se retuser à des concessions qui le diminuaient comme homme sans le fortifier comme roi.
En concédant la nomination de Fouché , pour entrer dans Paris, à la révolution, il avait amoindri sa dignité personnelle devant les royalistes; en concédant ce commencement de proscription à contre-cœur à son parti et à l'étranger, à l'ouverture de son règne, il amoindrissait sa popularité de roi pacificateur et médiateur aux yeux de la révolution. Son caractère fléchissait des deux côtés en quelques semaines. Il avait donné aux deux partis le secret de sa faihlesse. Les royalistes et les libéraux allaient l'entraîner successivement plus loin qu'il ne voulait aller. Il n'avait pas marqué avec assez de résolution le point fixe où il lui convenait de maintenir son caractère et son règne, la dignité de sa race, l'impartialité de son intelligence, l'arbitrage souverain de son cœur entre les partis. Une restauration ne peut jamais être qu'une amnistie. Le pardon n'est pas seulement sa vertu , il est sa loi.