‹ Histoire de la RestaurationChapitre 109 sur 256 · LIVRE XV. — LA SESSION DE i8î6. t · texte numérisé non relu

LIVRE XV. — LA SESSION DE i8î6. t

afiiEJ>ilité ordinaire tous les membres de la droite qui fusaient une guerre ouverte au cabinet. Très-différent en cela de Louis XVIII, il ne parut pas s'apercevoir qu'il aflaiblissait ses ministres, quand il aurait eu besoin de leur prêter un appui déclaré.

Villèle ne songeait pas à se retirer. Il pouvait lutter encore, et il ne voulait céder la place ni à un ministère d'extrême droite , ni à un ministère de la nuance Pasquier et Mole. Quant à être remplacé par des hommes de son opinion, cela n'eût servi à rien ; ses successeurs n'eussent pas trouvé un terrain plus favorable et n'eussent pas fiait mieux. Enfin il s'était attaché au pouvoir plus qu'il ne se l'avouait, quoiqu'il l'exerçât sans feste et sans bruit, et il éprouvait pour ses contradicteurs, quels qu'ils fussent, cette sorte de dédain qu'inspire aux hommes supérieurs la pratique du gouvernement.

Il était pourtant obligé de faire au Roi des concessions contraires à son opinion personnelle. En efFet, Charles X demandait deux projets de loi, l'un qui améliorât le sort du clergé, l'autre qui protégeât les fiunilles contre le morcellement des propriétés. L'idée de créer en France une aristocratie territoriale politique, à l'exemple de l'Angleterre, s'était accréditée; Polignac écrivait de Londres qu'une loi sur la propriété était la base du gouvernement représentatif et le complément de la septennalité. Villèle, sans repousser absolument cette idée, objectait que la division des propriétés présentait de nombreux avantages, et qu'elle était dans les mœurs plus encore que dans les lois.

tZO HISTOIRE DE LA RESTAURATION.

La session s'ouvrit au jour indiqué, le 31 janvier 1826. Le discours du Roi fut accueilli froidement, bien qu'il annonçât une convention de navigation avantageuse signée avec l'Angleterre, et un dégrèvement de 19 millions de l'impôt foncier. L'engagement de présenter deux lois, pour améliorer le sort du clergé et combattre le morcellement progressif de la propriété, déclaré contraire aux principes monarchiques, causa sur une partie des bancs de la Chambre une inquiétude marquée.

La commission nommée pour rédiger l'adresse, entièrement composée de membres de la droite, y inséra un passage qui était une réponse indirecte à l'arrêt de la cour de Paris, et qui fut voté parla majorité des députés : « Nous ne sommes point émus des inquiétudes qui agitent encore quelques esprits. Votre Majesté veille à tous les intérêts ; elle saura défendre les libertés publiques, même de leurs propres excès, et les protéger toutes contre une licence effrénée, qui, sans respect pour les choses les plus saintes et les personnes les plus sacrées, répand chaque jour ses poisons corrupteurs, et s'efforce d'altérer dans leurs sources nos affections et nos croyances. » Le Roi fut mécontent de cette phrase qui ressemblait à une leçon ; il répondit au président Ravez : « Soyez sûr que j'ai l'œil sur ce qui se passe, et si je ne demande rien, c'est que je sens en moi assez de force pour pouvoir réprimer ceux qui s'opposent au bonheur public, n

Les premières séances se passèrent à examiner une proposition de poursuites contre le Journal du Com^

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