‹ Histoire de la RestaurationChapitre 119 sur 256 · LIVRE Xy. — LA SESSION DE · texte numérisé non relu

LIVRE Xy. — LA SESSION DE

pouvait être un pavillon couvrant toute espèce de marchandises; qu'il serait facile de tout introduire dans un traité et de fausser par là le gouvernement représentatif. Villèle le reconnut, et offrit de porter au tarif des douanes l'article litigieux de la convention avec TÂngleterre. La proposiûon de Casimir Périer fiit adoptée, avec un léger changement dans la forme.

Un autre débat important s'éleva au sujet de TafEaiire Ouvrard. La justice avait été saisie, mais la cour royale s'était déclarée incompétente le 19 décembre 1825, à cause des charges qui pesaient sur deux pairs de France, les généraux Guilleminot et BordesouUe. La cour des pairs, saisie à son tour, avait décidé le 15 février que l'instruction aurait lieu, et le général Guilleminot avait obtenu de revenir de Gonstantinople pour se défendre en personne.

Pendant ce temps, l'approbation du compte de liqui^ dation demeurait suspendue. Labourdonnaye , Gambon. Benjamin Gonstant ramenèrent la question à plusieurs reprises devant la Ghambre des députés, et insistèrent pour que toutes les obscurités fussent éclaircies. Villèle obtint que la discussion fut différée jusqu'à l'examen de la loi des comptes de 1824.

Cet examen eut lieu dans les derniers jours d'avril.: Sébastiani accusa l'imprévoyance du maréchal de Bellune. Martignac défendit avec beaucoup d'habileté la conduite tenue par le ministère. 11 exposa l'inconvénient de revenir sur la guerre d'Espagne, l'acte le plus brillant de la Restauration, et de le ternir par des débats douloureux. Sans doute il y avait eu des désordres dans l'administration militaire; mais la cour des

pairs en étant saisie judiciairement, les députés devaient en finir avec Tapprobation des comptes , déjà tant retardée, et ne pas se prêter par de plus longs délais aux désirs de ceux qui ne cherchaient qu'à obscurcir la gloire de Texpédition. Le débat continua et fut même très-vif. Mais la majorité élait décidée à en finir. Casimir Périer essaya vainement de prétendre que Tarrêt de la cour des pairs , quel qu'il fût, ne résoudrait pas la question administrative ; la Chambre refusa de nommer une nouvelle commission, et la loi des comptes de 1824, portant approbation des comptes de la guerre d'Espagne, fut votée le 28 avril à une forte majorité.

On y revint incidemment quelques jours après, pendant la discussion du budget. Constant prétendit que le ministère avait demandé grâce. Villèle lui répondit en peu de mots : a Le maréchal de Bellune a fait de son mieux, et le duc d'Ângouléme a fait tout ce qu'il devait faire pour l'exécution des ordres du Roi. Quant au ministère, placé sans cesse entre deux craintes, celle d'arrêter le service et celle de laisser subsister des marchés onéreux, il croit avoir été sans reproche. Ce n'est donc point à titre de grâce qu'il peut accepter le vote de la Chambre. » La clôture de l'incident fut prononcée malgré les deux oppositions de gauche et de droite.

Au fond, tout le monde savait à quoi s'en tenir sur cette fâcheuse affaire. Villèle eût pu se défendre en incriminant Bellune, et en donnant lecture de sa correspondance; il y était autorisé par le Roi. Mais il tenait à ménager l'extrême droite, et il y réussit. Il est vrai qu'il ne satisfit pas le duc d'Angouléme, qui

-^a propre justification, que les torU lus manifestes.

■Met, la cour des pairs, après

-iscs, y compris Bellune,

' 'uilleminot et Borde-

!'ts devant les tri-

orruption non

fut acquitté

', qui condamna

a six mois de pri-

. cl fut Tunique résultat

lablement fâcheuse, mais

^.«)litiques avaient grossi Timpor-

discussion du budget exposa le ministère à ;ne d'attaques convergentes venant de tous les omts de la Chambre. Les ministres furent déclarés responsables du cours fâcheux des choses. On les trouvait faibles^ imprévoyants, incapables; leurs amis mêmes les défendirent mollement. Les royalistes de Textréme droite donnèrent cours à leurs inquiétudes et à leur irritation ; les embarras religieux les effrayaient ; les excès de la presse leur semblaient insupportables. Ce n'était pas qu'ils fussent d'accord sur ce dernier sujet. Quelques-uns persistaient à croire qu'il fallait s'accommoder de la liberté de la presse, et s'imaginaient naïvement qu'avec d'autres ministres elle anrait d'autres effets; mais le plus grand nombre lui était résolument hostile. On s'occupa beaucoup d'un écrit ou plutôt d'un manifeste que Bonald publia contre

pairs en étant saisie judiciairement, les députés devaient en finir avec Tapprobation des comptes, déjà tant retardée, et ne pas se prêter par de plus longs délais aux désirs de ceux qui ne cherchaient qu'à obscurcir la gloire de l'expédition. Le débat continua et fiit même très-vif. Mais la majorité était décidée à en finir. Casimir Périer essaya vainement de prétendre que l'arrêt de la cour des pairs , quel qu'il fût, ne résoudrait pas la question administrative ; la Chambre refusa de nommer une nouvelle commission, et la loi des comptes de 1824, portant approbation des comptes de la guerre d'Espagne, fut votée le 28 avril à une forte majorité.

On y revint incidemment quelques jours après', pendant la discussion du budget. Constant prétendit que le ministère avait demandé grâce. Yillèle lui répondit en peu de mots : « Le maréchal de Bellune a fait de son mieux, et le duc d'Ângouléme a fait tout ce qu'il devait faire pour l'exécution des ordres du Roi. Quant au ministère, placé sans cesse entre deux craintes, celle d'arrêter le service et celle de laisser subsister des marchés onéreux, il croit avoir été sans reproche. Ce n'est donc point à titre de grâce qu'il peut accepter le vote de la Chambre. » La clôture de l'incident fut prononcée malgré les deux oppositions de gauche et de droite.

Au fond, tout le monde savait à quoi s'en tenir sur cette fâcheuse afEaire. Villèle eût pu se défendre en incriminant Bellune, et en donnant lecture de sa correspondance; il y était autorisé par le Roi. Mais il tenait à ménager l'extrême droite, et il y réussit. Il est vrai qu'il ne satisfit pas le duc d'Angoulême, qui

Page 1