‹ Histoire de la RestaurationChapitre 124 sur 256 · LIVRE XV. — LA SESSION DE 18J6. Î · texte numérisé non relu

LIVRE XV. — LA SESSION DE 18J6. Î

ne balancerons pas à la proposer. » Trois cents députes se levèrent et applaudirent à cette déclaration.

L'opposition de gauche, qui avait laissé la contreopposition de droite ouvrir le feu, entra en lice à son tour. Benjamin Constant réclama les garanties constitutionnelles, et soutint qu'en présence de Tobstination et de l'arbitraire, le refus du budget était un devoir. Il se fit un argument de la menace du rétablissement de la censure, et il rappela malignement qu'elle avait compté autrefois Bonald, Villèle, Corbière et bien d'autres parmi ses plus chauds adversaires.

C'était là peut-être, comme Villèle le dit dans ses notes, de violentes et absurdes déclamations; mais le cabinet devait se sentir ébranlé, et les triomphes oratoires ne suffisaient pas à le raffermir.

La discussion des articles présenta le même caractère et la même incohérence.

De longs débats sur l'amortissement, sur le conseil d'Etat et son inamovibilité, n'aboutirent à aucunes conclusions.

Au sujet des afiaires étrangères, Alexis de Noailles soutint la cause des Grecs, qui était celle de la religion, de l'honneur, de la civilisation, accusa les cabinets européens de ne rien faire pour elle quand elle entraînait la sympathie des peuples, et proposa de ▼oter une allocation pour racheter les chrétiens captife et victimes de la guerre. Plusieurs députés s'indignèrent que des officiers français eussent pris du ser- ^ce en Turquie et dans les troupes du pacha <J'Égypte.

Hyde de Neuville, qui avait naguère remercie en termes déclamatoires la magistrature de son indépendance, saisit l'occasion d'exprimer à son tour en Eaveur des Grecs un enthousiasme passionné, et de chercher, à la manière de Chateaubriand, de faciles applaudissements; Yillèle justifia le cabinet des attaques qu'on faisait retomber sur lui. Il lut une lettre de l'amiral de Bigny exposant le rôle de la marine française, rôle d'impartialité et d'humanité, et montra que la marine avait plus faLit pour s'opposer à la réduction des chrétiens en esclavage que ce qu'un fonds voté par les Chambres ne pourrait faire. Il représenta le danger qu'il y avait à soutenir que la politique des cabinets était contraire à la politique des peuples , et il prouva sans peine que l'accord des gouvernements était la condition première et nécessaire de la pacification de l'Orient.

La question orientale venait alors de passer par de nouvelles péripéties. Canning , ayant accepté d'Alexandre la mission d'en préparer le règlement, avait envoyé Wellington à Saint-Pétersbourg. Le nouveau czar Nicolas, moins disposé que son frère à se fier aux Anglais, commença par demander au divan la satisfaction des griefs de la Russie. Cette satisfiEiction obtenue, et les Turcs ayant pris l'engagement d'évacuer les principautés du Danube, il signa le 4 avril un protocole secret avec l'Angleterre. Les deux puissances convinrent de présenter à la Porte des conditions de paix, assez semblables à celles qu'avait préparées l'Assemblée hellénique d'Ëpidaure , savoir Tindépendance de la Grèce, moyennant le payement d'un tribut et la re-

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