LIVRE XV. — LA SESSION DE
d^an penchant très-vif pour des opinions étrangères et peu conciliables avec les intérêts de TËglise gallicane. » Frayssinous déclara qu'il aurait le courage d'aborder ces questions et de s'expliquer avec franchise et avec mesure .
Après avoir défini la sphère des autorités temporelles et spirituelles, il exposa ce qu'était la Congrégation et les raisons pour lesquelles il n'avait pas voulu en faire partie. Il nia que les associations religieuses exerçassent, comme on le prétendait, une influence occulte sur le ministère, qui suivait sa ligne politique sans aucune direction.
Malheureusement, après avoir déclaré que l'état civil serait maintenu aux mains des laïques, il parla de la nécessité d'établir au sujet des mariages un meilleur accord entre la loi religieuse et la loi civile, question alors très-débattue et à propos d^ laquelle la Chambre avait déjà reçu et écarté de nombreuses pétitions. Le vague avec lequel il s'exprima excita la surprise et l'inquiétude.
La (aligne l'ayant obligé de s'interrompre, il reprit son discours le lendemain, et présenta un tableau historique du gallicanisme. Il distingua celui des évéques, celui des parlements, leurs diverses phases et leurs divers degrés. Il dit quelle avait été l'utilité des quatre articles, du premier surtout, sur lequel il n'était pas permis d'hésiter. Il montra dans quel sens ils étaient acceptés avant la Révolution; il expliqua les dispositions contraires du jeune clergé par les abus d'autgrité que Napoléon avait commis envers l'Eglise, et il indiqua les conditions auxquelles l'accord pouvait et de-
vait se rëtablir. II termina cet exposé par une phrase sévère sur les écarts de Lamennais.
Il entreprît ensuite de répondre à Tobjection tirée de l'existence des Jésuites, qui voulaient, disait-on, s'em* parer de Tinstruction publique afin d'inculquer à la jeunesse des maximes contraires à nos libertés. Il affirma que les Jésuites n'exerçaient pas sur Téducation l'influence qu'on leur supposait; que n'étant pas reconnus par la loi, ils n'étaient que tolérés individuelle^ ment; qu'ils ne dirigeaient que sept petits séminaires sur cent, sous le contrôle des évéques diocésains qui les leur avaient confiés. II exposa qu^il avait voulu créer une maison de hautes études ecclésiastiques, où les vrais principes de l'Église gallicane fussent enseignés. II termina en manifestant l'espérance d'avoir dissipe tous les fantômes.
Aucun des autres ministres n'avait été prévenu de ce discours, que Yillèle qualifia de naïve imprudence,
Casimir Périer s'empressa de prendre acte de la déclaration que la Congrégation existait, et que sept petits séminaires étaient sous la direction d'une société non autorisée. Il somma le ministère de dissoudre cette société et de faire exécuter la loi.
Les explications de Tévéque d'Hermopolis eurent un effet absolument contraire à celui qu'il attendait. Les journaux s'en emparèrent et s'en servirent pour propager et augmenter les préventions. « Le consciencieux évéque, le pieux ministre, dirent les Débats, a justifié les soupçons et les alarmes de la France. » Partout, on rappelait le cabinet à l'obser tion des lois. Frayssinous perdit la demi-popularit