‹ Histoire de la RestaurationChapitre 128 sur 256 · LIVRE XV. — LA SESSION DE · texte numérisé non relu

LIVRE XV. — LA SESSION DE

dont il avait joui; les Jësuites devinrent plus que jamais un épouvantai! , et le gouvernement dut enregistrer un nouvel échec.

Quand le budget fut porté devant les pairs , Laine soutint que le rétablissement des Jésuites ne pouvait avoir lieu que par une loi, et Pasquier, relevant, dans un discours très-modéré et très-sensé, le mot de tolérance employé par Tévêque d'Hermopolis , tint à constater que la tolérance ministérielle ne pouvait tenir lieu de Tautorisation légale.

La suite de la discussion du budget à la Chambre des députés ofFrit moins d'intérêt. On reconnut la nécessité d'augmenter les dépenses de la guerre et celles de la marine , les dernières surtout , en vue de Tintroduction de la marine à vapeur qui tendait à transformer le système naval. Les opérations financières de Villèle donnèrent lieu à de vives critiques. II les défendit avec sa supériorité ordinaire, et, attaqué sur son propre terrain, il fit une brillante et victorieuse résistance.

Il faut signaler encore deux débats politiques sans conclusion : Tun sur la censure, l'autre sur les dégrèvements d'impôt foncier que le ministère proposait, et qui parurent à la gauche un moyen détourné de diminuer le nombre des électeurs. Royer-Collard se fit, sur ces deux sujets, le défenseur de la Charte atteinte ou menacée. Corbière et Villèle lui répondirent avec esprit, et réduisirent beaucoup la valeur de ses arguments.

Enfin Villèle trouva, dans le cours de la discussion, l'occasion de dissiper les craintes inspirées par les dis-

cours de Frayssinous. Il se prononça contre la restitution de Tétat civil au clergé, et il rappela que, du temps où le clergé en était maître, Tappel comme d'abus existait aux mains du gouvernement comme un correctif et une garantie.

Les Chambres se séparèrent le 6 juillet, peu satisfaites du résultat de la session. Le Roi, de son côté, commençait à s'inquiéter de Tétat des esprits. Il sentait qu'il devenait impopulaire, que le gouvernement perdait du terrain, et que le respect public s'afiBaiblissait. Le Dauphin ne cachait pas les sujets personnels de mécontentement qu'il avait contre les ministres. Charles X avait songé plusieurs fois à introduire dans le cabinet quelques éléments nouveaux; il avait vers le milieu de la session mis Yillèle en pourparlers sur ce sujet avec le duc de Fitz-Games; mais les difficultés d'un remaniement ministériel croissaient précisément à mesure que la situation devenait plus tendue. Les deux groupes principaux du parti royaliste en étaient aux récriminations, et se renvoyaient l'un à l'autre la responsabilité de leurs divisions. Enfin Yillèle était devenu jaloux du pouvoir, et refusait de le partager avec des collègues dont il n'eût pas été maître ou dont la présence au ministère l'eût encore affaibli.

A la fin de juillet, Montlosier revint à Paris, et y apporta un nouvel écrit qu'il appelait sa dénonciation. Il se constituait « l'avocat du Roi et de la société contre le clergé » . Il déclarait que l'invasion du parti prêtre ne s'arrêterait à aucune limite, si elle n'était contenue; que le ministère Villèle, qui avait voulu se servir de ce parti, en était devenu l'instrument; que cet état de

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