‹ Histoire de la RestaurationChapitre 145 sur 256 · LIVRE XVI. — LA SESSION DE · texte numérisé non relu

LIVRE XVI. — LA SESSION DE

Serait-il temps d'arrêter les progrès d'un pareil ouTrage? Faudrait-il toujours écouter ceux qui vous diraient : Laissez dire et laissez faire? »

On passa le 19 aux articles. Le projet du ministère et celui de la commission furent soumis à un examen parallèle. En général la Chambre adopta de préférence les articles de la commission, même ceux que les ministres n'acceptaient pas. Elle adopta aussi quelques amendements présentés au cours de la discussion.

Un député, Preissac, ayant soutenu que le projet était combiné pour donner aux ministres le profit de la censure et les honneurs de la liberté, Villèle se prononça sur la censure, qu'il déclara ne pouvoir être une institution, mais une nécessité temporaire dans les circonstances graves. Il montra en quoi les mesures préventives de la loi s'en distinguaient, et il fit écarter plusieurs amendements qui en altéraient le caractère.

La droite lui reprocha de tuer par le fait une partie de ses propres journaux, qui avaient peine à vivre. Il reconnut que le reproche était fondé, mais il déclara que ces journaux avaient le tort de faire une opposition exagérée qui ne convenait pas aux royalistes. « Les royalistes opposants ressemblent, dit-il, à un corps d'armée qui s'emparerait d'une position qu'il lui serait impossible de garder et dans laquelle d'autres viendraient le relever. Us se battent au profit des libéraux, qui occupent et conservent les positions qu'ils ont enlevées. »

La discussion, comme il était inévitable, fut longue, embarrassée, confuse, parfois même violente. Plus d*un député ministériel combattit les propositions des

ministr es et les principessur lesquels ils les appuyaient. La droite divisée, incertaine, émit plusieurs votes contradictoires. Tel amendement de détail, accepte malgré le cabinet, dérangea l'économie de la loi.

Sur l'article 5 qui soumettait les petites publications à un timbre, la Chambre rejeta les propositions du gouvernement, celles de la commission et tous les amendements présentés. Elle finit par leur substituer, à la requête d'Hydede Neuville, quelques dispositions sur le colportage.

Martignac soutint avec talent l'article qui attribuait au ministère public le droit de poursuivre la diffamation, sans qu'il fût nécessaire qu'il fût autorisé par la personne diffamée. Mais les esprits étaient divisés sur ce point, et Ton finit par convenir que l'article serait rayé de la loi.

Enfin cette discussion laborieuse se termina le 12 mars par un vote d'ensemble, qui donna 233 voix pour l'adoption et 134 pour le rejet. La loi était adoptée, mais après une série d'épreuves et de modifications qui fournit à Casimir Périer l'occasion de persifler spirituellement et méchamment ses auteurs.

Au cours de la discussion, le député La Boessière s'était plaint des comptes rendus infidèles que les journaux faisaient des séances, et de la manière dont ils travestissaient les discours des orateurs. Il proposa de les obliger, sous peine de fortes amendes, à publier les comptes rendus in extenso. L'abus était réel, le moyen proposé peu praticable. Berbis et Villèle engagèrent La Boessière à demander la nomination d'une com^^ mission spéciale de la Chambre, qui serait chargée de

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