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LIVRE XVI. — LA SESSION DE 18Î

surveiller et de signaler les infidélités des comptes rendus. Cette nouvelle proposition fut adoptée le 24 ^vril, après un long débat. On convint seulement que la commission nommée par les bureaux serait renouvelée chaque mois.

Y. La presse fiit à peu près unanime dans son jugement sur la loi votée par les députés ; elle la regarda comme un acheminement à Tabolition de la Charte. Peyronnet la présenta aux pairs le 19 mars, avec les amendements qui y avaient été introduits. Son attitude n^ était plus celle deTassurance, mais de la résignation. Dans un préambule assez modeste, il exposa que ces amendements avaient rendu la loi plus simple et moins rigoureuse.

La Chambre des pairs nomma une commission composée des ducs de Brissac et de Lévis , de Tabbé de Montesquieu , de Portalis , Portai , Bastard de TEtang et de Broglie. Tous ces commissaires étaient indépendants par leur caractère et leurs opinions. Ils se livrèrent à un examen approfondi du projet, entreprirent une grande enquête, et firent comparaître devant eux les divers intéressés, imprimeurs, libraires ou journalistes. Ces derniers vinrent déposer à Tenvi contre le système de la loi. La commission admit une vingtaine d'amendements, ce qui équivalait' à la remanier de fond en comble. Inquiets de ces tendances, quelques pairs, femiliers de Charles X, lui donnèrent le conseil de la retirer et de changer ses ministres.

Sur ces entrefaites, un incident des plus déplorables survint. Le duc de la Rochefoucauld-Liancourt mourut

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à Tàge de quatre-vingts ans. Ancien patron de toutes les associations de bienfeisance, il avait été destitué par Corbière de plusieurs fonctions gratuites qu'il remplissait, pour avoir fait au ministère une opposition qui ne justifiait pas un pareil traitement. La cérémonie des funérailles eut lieu le 30 mars à TÂssomption. Les élèves de TËcole des arts et métiers de Ghàlons portèrent à bras le cercueil de la maison mortuaii*e à Téglise. A la sortie de Téglise, ils se présentèrent pour le reprendre. Un commissaire de police le leur défendit, parce qu'ils n'avaient pas d'autorisation ; le commissaire avait pris les ordres du préfet de police. Des explications animées dégénérèrent en querelle. Le commissaire requit la force armée ; les soldats du bataillon d'escorte intervinrent ; les grilles de la cour furent fermées. Dans la bagarre, le cercueil tomba et se brisa avant d'être porté sur le char funèbre. Tous les membres des grands corps de l'État étaient présents.

La Chambre des pairs s'émut ; elle chargea Sémonville, son grand référendaire, d'entreprendre une enquête ; les journaux accusèrent le ministère d'avoir voulu outrager le duc de la Rochefoucauld. Sémon-* ville fit son rapport le 2 avril. Tout le monde était en faute ; les élèves de Ghàlons n'avaient pas demandé d'autorisation; le commissaire de police s'était trouve en retard, et il avait laissé porter le cercueil à bras à partir de la maison mortuaire ; un seul membre de la famille avait été averti et n'avait pas voulu intervenir. Pasquier demanda des explications au ministère, et de Broglie l'attaqua avec chaleur. Corbière se contenta

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