‹ Histoire de la RestaurationChapitre 15 sur 256 · LIVRE XI. — MINISTERE VILLELE · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — MINISTERE VILLELE

jeunesse libérale. Le ministre de Tintérieur eut &cilement raison de ces injures. Partout force resta à Tordre et à la loi. Mais la mauvaise foi et les violences calculées de Manuel et de Benjamin Constant, en présence des complots militaires et du silence des députés de la gauche mêlés à ces complots, excitèrent la juste indignation des royalistes.

VI. Les Chambres eurent à approuver la loi des comptes de 1820, qui se soldaient par un excédant de trente-quatre millions, dil à la plus-value des impôts et à des opérations de trésorerie.

Vint ensuite le budget de 1822, préparé par Tancien ministre Roy. Roy demandait cinq millions de plus pour la marine. Villèle demanda encore douze millions de plus pour l'armée, en prévision des éventualités qui pouvaient naftre en Espagne et en Orient. Les rapports sur les recettes et les dépenses, lus le 26 février à la Chambre des députés, n'offraient pas d'intérêt particulier. La discussion s'ouvrit le 12 mars.

Elle fut longue et s'égara sur un grand nombre de sujets. Dès la seconde séance. Benjamin Constant se livra à ses violences ordinaires contre la marche du gouvernement, ou plutôt il les dépassa. Il déclara que les finances de la France étaient la conquête d'un parti qui les exploitait à son gré ; que la police était uniquequement occupée à provoquer des crimes ; qu'il existait un clergé ambulant dont les exercices avaient pour conséquences des profanations dans les églises et des dragonnades dans les rues. Il traita les ministres de fondés de pouvoirs de la Sainte-Alliance, et les compara

à Tun de ces fléaux que la ProYÎdence envoie aux peuples dans sa colère. La droite se leva, voulant qu'on lui retirât la parole, et protesta en sortant de la salle.

Bigpion, le général Foy, Manuel taxèrent de faiblesse et de duplicité la conduite du gouvernement vis-à-vis de ritalie, de la Grèce, des colonies espagnoles. Foy alla jusqu'à dire que le ministère n'était pas français. Manuel, en s'élevant au même diapason de récriminations injurieuses que Benjamin Constant, se fit priver de la parole.

Montmorencv défendit le cabinet d'une manière banale. Ceux d'entre les ministres qui avaient voté l'adresse du mois de décembre éprouvaient un embarras naturel. D'ailleurs, ce n^étaient pas eux qui étaient en cause, mais leurs prédécesseurs. Laine se fit l'avocat de ces derniers. Il donna sur la politique étrangère des explications aussi claires, aussi sensées qu'éloquentes, et il obtint un de ses plus grands succès.

« Ce que le ministère a fait depuis cinq ans, s'écriat-il, je vais vous le dire. Il a essayé, et quelquefois il y a réussi, de réparer de grands malheurs, dus principalement à l'événement dont le jour de demain ramènera le terrible anniversaire (le 20 mars). Le mmistère trouva la France occupée par les armées alliées. Les baïonnettes étrangères entouraient la capitale, l'artillerie était braquée sur le palais de nos rois. » — Puis rappelant que Richelieu, par son crédit, ses vives sollicitations, ses efforts, sa loyauté, avait contribué à empêcher les puissances d'opérer un démembrement: « La délivrance du territoire, ajouta-t-il, fut le second

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