‹ Histoire de la RestaurationChapitre 151 sur 256 · LIVRE XVI. — LA SESSION DE · texte numérisé non relu

LIVRE XVI. — LA SESSION DE

mait Topinion au lieu de la rassurer. Avec de bonnes intentions, il s'exposait à ce qu'on lui en crût de mauvaises. Il divisait les amis de Tordre qu'il aurait dû réunir. Il mettait en péril le maintien de la monarchie constitutionnelle, à Inquelle se ralliaient les bons esprits de tous les partis et qui était le vœu unanime de la France. Ce discours fit d'autant plus d'efFet qu'il répondait à la pensée, ou, si l'on veut, à l'illusion des esprits les plus généreux.

Villèle, qui s'était défendu sur Is terrain financier avec son talent et même son succès ordinaire, ne se sentit pas la même assurance pour se défendre sur le terrain politique. Il traita les dangers allégués de chimériques, cita quelques faits ou actes propres à prouver l'indépendance du cabinet, et se dit d'autant moins disposé à se laisser dominer par qui que ce fût, qu'il était prêt à se retirer. Cette indécision et cet aveu peu adroit causèrent un certain étonnement. Villèle devenait, dit Nettement, moins ferme dans le conseil du Roi parce qu'il était moins sûr de la Chambre, et moins ferme dans la Chambre, devant la majorité, parce qu'il était moins sûr du Roi. Preissac, de l'extrême droite, le somma de se retirer et de rendre ainsi au trône et au pays le seul service capable de réparer le mal qu'il avait fait.

Le II mai, le rapporteur du budget, Fouquier-Long, résuma la discussion générale, et conclut au nom de la commission, non plus à réduire, mais à supprimer les nouvelles allocations proposées. 11 se fondait sur une nouvelle décroissance du produit des impôts indirects. L*annonce de cette diminution et le fait inusité d'une II. to

commission qui changeait ses conclusions au cours du dëbat, fournirent à l'opposition des arguments dont elle s'empara. Elle soutint encore avec plus de force que le déclin de la prospérité financière était en rapport direct avec l'atteinte portée aux libertés publiques.

Sur les budgets particuliers des différents ministères la même guerre continua.

Celui des affaires étrangères donna lieu à de longs discours. Bignon, qui était rentré à la Chambre par une élection récente, y recommença ces interminables exposés sur Tétat de TEurope, où il dénigrait de parti pris tous les actes du gouvernement. Sébastiani fut agressif; Hyde de Neuville, dont Fardeur opposante ne se contenait plus, posa des questions impérieuses auxquelles le ministère répondit en le rayant du cadre des ambassadeurs en disponibilité. Mesure des plus justifiées, mais qui souleva d'inévitables récriminations. Sébastiani et Alexis de Noailles défendirent avec chaleur la cause des Grecs.

Le budget des affaires ecclésiastiques fournit à Tévéque d'Hermopolis l'occasion d'exprimer à son tour des plaintes non moins justes que vives sur la situation faite au clergé par les attaques des partis et des journaux. Comment espérait-on l'attacher aux institutions, si elles devaient servir contre lui d'instruments de servitude, et si elles l'exposaient à de continuels outrages? Frayssinous donna à tous les partis indifféremment de ces sages conseils qui obtiennent l'assentiment unanime, mais qui sont difficilement suivis d'effet, et le succès qu'il obtint n'empêcha pas

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